Profès (adjectif)
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Adjectif |
Il se dit de Celui ou de celle qui a fait les voeux par lesquels on s'engage dans un ordre religieux, après que le temps du noviciat est expiré. "Religieux profès. Religieuse professe." Substantivement, "Un jeune
"Maison professe," Maison dans laquelle résident les religieux
Dictionnaire d'Emile Littré
| Adjectif |
1 Qui a fait les voeux par lesquels on s'engage dans un ordre religieux, après le noviciat expiré. Religieux profès. Religieuse professe.
Maison professe, maison dans laquelle résident les profès.
CHATEAUBR.: « Ce manuscrit [du P. Sicard, sur l'Égypte], déposé à la maison professe des jésuites, fut dérobé »
Il se dit, dans un sens analogue, des ordres de chevalerie.
SÉV.: « L'on commença dès le vendredi, comme je vous l'ai dit ; ces premiers [la moitié des chevaliers] étaient profès avec de beaux habits et leurs colliers »
2 S. m. et f. Un jeune profès. Une jeune professe.
Par plaisanterie.
BOILEAU: « Et qui s'est dit profès dans l'ordre des coteaux [association de gourmets] »
Par extension.
VOLT.: « Il n'y avait alors aucun culte qui n'eût ses mystères, ses associations, ses catéchumènes, ses initiés, ses profès »
Fig.
PASC.: « En voilà assez pour des faussetés si vaines ; ce ne sont là que des coups d'essai de vos novices, et non pas les coups d'importance de vos grands profès »
SAINT-SIMON: « [Les ducs de Chevreuse et de Beauvilliers] à marches si compassées, si difficiles, curieux profès d'indifférence et d'impuissance, mais qui se souvenaient parfois qu'ils n'en avaient pas fait les voeux »
GRESSET: « Il démentit les célèbres maximes Où nous lisons qu'on ne vient aux grands crimes Que par degrés : il fut un scélérat Profès d'abord et sans noviciat »
HISTORIQUE
XIIIème siècle
la Rose, 8844: ....Heloïs fu abeesse, Qui devant iert [était] nonain professe
BEAUMANOIR: « Cil qui sunt en religion et y ont esté de tel tans qu'il soient prophès »
XVIème siècle
MONT.: « Cette vertu supreme, ennemie professe et irreconciliable d'aigreur.... »
MONT.: « Il y avoit d'autres mysteres plus secrets, pour estre montrez seulement à ceulx qui en estoient profez »
ÉTYMOLOGIE
Provenç, profes ; espagn. profeso ; ital. professo, du lat. professus, qui a fait profession, de profiteri, déclarer, de pro, en avant, et fateri, avouer ; de même radical que le grec, dit, du grec, dire (comparez FABLE).
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Adjectif |
Il se dit De celui ou de celle qui a fait les voeux par lesquels on s'engage dans un ordre religieux, après que le temps du noviciat est expiré. "Religieux
Il est aussi substantif. "Un jeune
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Adjectif |
Il se dit De celui ou de celle qui a fait les voeux par lesquels on s'engage dans un Ordre Religieux après le temps du Noviciat expiré. "Religieux
Il est aussi substantif. "Un jeune
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Adjectif |
Il se dit De celui & de celle qui a fait les voeux par lesquels on s'engage dans un Ordre Religieux après le temps du Noviciat expiré. "Religieux prosès. Religieuse professe."
Il est aussi substantif. "Un jeune
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
ESSE, s. m. et fém. PROFESSER, v. act. et neut. PROFESSEUR, s. masc. PROFESSION, s. fém. ["Profê", "fèce", "fècé", "fè-ceur", "fè-cion", en vers, "ci-on": 2e "ê" ouv. et long au 1er, "è" moyen aux autres: 3e "e" muet au 2d, "é" fer. au 3e.] "Professer", c'est 1°. reconaître hautement: '"Professer une" Religion, "une" Doctrine.
- 2°. Exercer: '"Professer un" métier, "la" Médecine.
- 3°. Enseigner: '"Professer la" Rhétorique, "la" Philosophie, "les" Mathématiques. = "Professeur" ne s'emploie que dans ce dernier sens. '"Professeur de" Philosophie, ou "en" Philosophie. "Professeur de" mathématique. "Professeur en" Théologie, "en" Médecine, "en" Droit. = "Profession", au contraire, n'a que les deux premières acceptions de "professer". 1°. Déclaration publique. "Faire profession de": 'Il "fait profession d'"ignorance. '"J'ai fait" toute ma vie "profession d'être" votre serviteur, votre ami; d'"être" sincère, "de tenir" ma parole, etc. 'Faire "une profession de Foi".
- 2°. État, condition, métier. 'De quelle "profession" est-il? Embrasser, choisir "une profession".; vivre selon "sa profession".
- 3°. Il a outre cela une signification que "professeur~" n'a pas: "acte" solennel, par lequel un Religieux ou une Religieuse fait les voeux de Religion. '"Faire profession" dans un ordre aprouvé. 'Assister "à la profession" de. 'Depuis "sa profession": il ou elle a tant d'années de "profession". = "Profês" ne se dit que dans cette dernière acception.
"Rem." 1°. On n'appelle "Professeur" que celui qui enseigne un art ou une science: on ne done point ce nom à celui qui l'exerce ou qui en fait profession; on ne dit point de celui qui n'est que Médecin, "professeur de" Médecine; et de celui qui fait profession du Protestanisme, "professeur de la" Religion réformée. * On le disait autrefois: 'Il leur fit un beau discours à la louange de la perfection évangélique "dont" ils étoient "professeurs". Chron.
- M. l'Ab. "Royou" a dit tout récemment: 'Ce sont les seuls Philosophes qui peuvent être, ces génies supérieurs, "professeurs" publics "de" l'immoralité. Cette phrâse est relative à une aûtre de M. "de la Cretelle", qui parle de ceux qui, dans l'espoir d'une grande fortune, "ont" publiquement "professé"... "ces" afreux principes d'immoralité. Le verbe a ce sens et cet emploi: le subst. ne l'a pas.
- 2°. On dit, "faire profession de" (sans article). 'Il "fait profession", ou "une profession" publique "de" Deisme, "de" matérialisme. 'Il "fait" hautement "profession d'être" ataché aux bons principes en tout genre. * M. l'Ab. "Du Bos" dit "faire une profession", comme on dit "faire un métier". 'Jamais père ne destina son fils à "faire la profession de" Poète. À~ ce compte, on pourrait dire, il "fait la profession de" Médecin, "de" Procureur, "d'"Orfèvre, ce qui n'est sûrement pas suivant l'usage. L'"Acad." dit bien "la profession d'"Avocat, "la profession de" Médecin; mais non pas avec le verbe "faire".
- Le même Auteur parle, à mon avis, plus correctement, quand il dit, dans un autre endroit: 'Tous ces grands Poètes étoient éloignés, par leur naissance et par leur éducation, de "faire leur profession de" la Poésie. 'La première "profession" d'Horace fut de "porter" les armes. = "Exercer" vaut mieux que "faire" avec "profession": 'La plupart de ceux qui se sont rendus illustres "en exerçant ces professions", n'y ont pas été engagés par les conseils de leurs parens. "Du Bos". Il serait ridicule de dire, "en faisant ces professions". = On dit aussi, "embrasser une profession". 'En dépit de "la profession qu'"ils "ont embrassée". Id. 'Malgré les conseils de leurs parens, ils "embrassent la profession" des armes. = On dit, comme adverbialement, "de profession", d'habitude. 'Joueur, ivrogne "de profession". = * "Profession", pour place de Professeur est un germanisme. 'On lui offrit (à "Leibnitz") une "profession" en cette science (du Droit). "De Neufville", Vie de "Leibnitz".
Emplacement dans le dictionnaire :
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de François de CHATEAUBRIAND (Génie du christianisme ou Beautés de la religion chrétienne)...: les uns et les autres furent à la société religieuse, ce qu'étoient au monde deux illustres académies. L'ordre des jésuites étoit divisé en trois degrés, écoliers approuvés, coadjuteurs formés et profès . Le postulant étoit d'abord éprouvé par dix ans de noviciat, pendant lesquels on exerçoit sa mémoire, sans lui permettre de s'attacher à aucune étude particulière ; c'étoit pour connoître où le...
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