RâILLERIE, s. f. RâILLEUR, EûSE, adj. et s. m. et f. [
"Râ-glié",
"glie-ri-e",
"glieur",
"glieû-ze": 1
re lon. 2
e "é" fer. au 1
er,
"e" muet au 2d, lon. au dern.]
"Râiller", c'est 1°. plaisanter quelqu'un, le tourner en ridicule. Il est
"actif" et
"neutre". Il se dit, ou avec le seul régime direct: '
"Râiller" quelqu'un agréablement, délicatement, adroitement,
"ou" grossièrement: il ne faut pas
"
les" Grands; ou avec l'ablatif pour 2d régime: 'C'est
"de" quoi tout le monde
"le râille"; ou avec le seul ablatif:
"
des" chôses Saintes;
"de" tout le monde,
"de" ses meilleurs amis: il
"râille de" tout, et
"de" la Religion même: ou comme réciproque, avec le pronom personel et l'ablatif: 'Vous
"vous râillez de" moi: c'est
"se
du" monde, que de faire de pareilles propositions. 'Peut-être les Stoïciens
"se râillent-"ils
"de" nous, lorsqu'ils nous prêchent de n'être point affligés de la perte de nos biens, de l' exil, d'une prison.
"Mallebr." 'Le troisième
"se râilloit de" la science magique de l'un, et des jeûnes de l'aûtre.
"Anon." =
"Se
" me paraît un peu vieux. Il me semble qu'on dit plutôt,
"se moquer". L'
"Acad." le met sans remarque. = Quand il est sans régime, il signifie simplement
"badiner", ne pas parler sérieûsement. 'On ne sait s'il
"râille", ou s'il parle sérieûsement. 'Ne pensez pas
"vous
"; cela pourroit bien arriver. 'Ne voyez-vous pas qu'il
"se râille"?
RâILLERIE, plaisanterie, action de

. Voy.
"Plaisanterie". 'Fine, agréable, inocente
"râillerie", ou
"râillerie" piquante, ofensante, froide, méchante, fade, insipide. '
"Tourner" la chôse
"en
ie". = Cela
"passe la
ie": cette expression a deux sens: la

ie est trop forte;
"ou bien", la chôse dont il s'agit est sérieûse et considérable.
- On dit, dans ce dernier sens:
"il n'y a pas de
ie"; et dans le 1
er, en style proverbial
":" "cette
ie pâsse jeu". =
"La
ie en est-elle"? Est-il permis de

? =
"Râillerie à part", adverbe: pour parler sérieûsement. Il se met à la tête de la phrâse, pour corriger ce qu'on a dit auparavant, où l'on a paru

, plaisanter.
"Rem." Il ne faut pas confondre,
"entendre
ie" et
"entendre la
ie": l'un signifie prendre bien ce qu' on nous dit; l'aûtre, c'est entendre l'art de

:
"ne pas entendre
ie sur", c'est ne pas pardoner les manquemens. Dans le 1
er sens et dans le 3
e, il se dit toujours sans article. * Mde.
"de Sévigné" l'emploie avec l' article indéfini. 'Soyez en repos de ma santé.... je sais que vous
"n'entendez pas de
ie là-dessus". La négative
"pas", qui est ordinairement suivie de la prép.
"de", a ocasioné cette irrégularité. Cette préposition est déplacée dans cette ocasion; car dans les expressions composées, où les mots s'emploient sans article dans le sens afirmatif, ils ne l'exigent pas non plus, quand le sens devient négatif. On dit: vous
"n'avez pas raison", il
"n'a pas tort", je
"n' en ai pas besoin"; et non pas, vous
"n'avez pas" de
"raison"; il
"n'a pas" de
"tort", je
"n'en ai pas" de
"besoin". Il faut donc dire
":" vous
"n'entendez pas
ie", et non pas
"de
ie".
RâILLEUR, EûSE, qui est porté à la

ie; esprit
"râilleur", humeur
"râilleûse". = Qui est plein de

ie: discours, ton
"râilleur", paroles
"râilleûses". =
"S. m." Qui aime à

, qui râille souvent. 'Un agréable
"râilleur", ou
"un" mauvais,
"un" froid,
"un" fade
"râilleur". = Qui ne parle pas sérieûsement. 'Vous êtes
"un râilleur". = Le proverbe dit
":" "souvent les râilleurs sont râillés": on se moque souvent de ceux qui se moquent des aûtres.
Emplacement dans le dictionnaire :