Réserver (verbe)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Garder, retenir quelque chose d'un tout, une chose entre plusieurs autres. "Il a vendu la propriété de ce domaine, mais il s'en est réservé l'usufruit, la jouissance. Il a fait donation de ses biens à ses enfants, mais il s'est réservé une pension. L'évêque se réserve le pouvoir d'absoudre certains cas. Le ministre s'est réservé la connaissance de cette affaire."
Il signifie aussi Garder une chose pour un autre temps, pour un autre usage, la ménager pour une autre occasion. "Il est bon de quelque argent pour les besoins imprévus. Réserver ses forces. Réserver vos conseils pour un moment plus favorable. Réservez-moi vos bontés pour une autre occasion. Je réserve mon opinion. La Cour a jugé le principal et a réservé à" "faire droit sur les intérêts. Il réserve le reste de l'explication pour une autre conférence."
En termes de Procédure, "Tous droits réservés. Toute prétention réservée. Tous dépens réservés."
En termes de Palais, "Se la réplique," Déclarer qu'on veut répliquer. On dit de même : "L'avocat a prié les Juges de lui la réplique," Il leur a demandé la permission, le droit de répliquer quand il sera temps.
"Se de faire quelque chose," Se proposer de faire une chose, remettre à la faire quand on le trouvera à propos, en temps et lieu. "Je me réserve de lui en dire mon avis en temps et lieu." On dit, dans un sens analogue : "Je me réserve pour une autre occasion. Il se réserve pour de plus grandes choses. Un tel n'a pas parlé aujourd'hui dans la discussion de cette loi, il se réserve pour demain. Se pour le rôti, pour l'entremets."
RÉSERVER se dit aussi en parlant des Personnes. "Le général réserva ses meilleures troupes pour une dernière attaque. Un homme discret réserve ses amis pour les occasions essentielles."
RÉSERVER signifie encore, figurément, Destiner. "Les événements lui réservaient une fin glorieuse. Il a enfin reçu la punition que la justice divine lui réservait. Il était réservé à de grands dangers." Il s'emploie aussi impersonnellement. "c'est à lui qu'il était réservé de terminer cette grande oeuvre."
Le RÉSERVÉ s'emploie adjectivement. "Places réservées. Un wagon réservé."
"Chasse réservée," Terrain où le droit de chasse n'appartient qu'au propriétaire et aux personnes dûment autorisées par le propriétaire.
"Biens réservés," Ceux dont un testateur ne peut frustrer ses héritiers légitimes.
"Cas réservés," Péché dont on ne peut être absous que par le pape ou l'évêque, ou par les prêtres qui ont reçu d'eux un pouvoir spécial.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Retenir quelque chose d'un tout, ou un objet entre plusieurs. Réserver une part du butin.
CORN.: « Quand vous fîtes périr Maurice et sa famille, Il vous en plut, seigneur, réserver une fille »

 2   Garder pour un autre temps, pour un autre usage, pour une autre occasion, pour un autre traitement.
PASC.: « Vous pouviez réserver cet avis à un autre temps, sans interrompre ce que j'ai à vous dire des maximes.... »
RAC.: « Et ma jeunesse même écarte loin de moi Tous ceux qui dans le coeur me réservent leur foi »
RAC.: « À quels mortels regrets ma vie est réservée ! »
VOLT.: « Lui [Épernon] qui empêcha que l'on ne tuât Ravaillac à l'instant qu'on le reconnut tenant son couteau sanglant, et qui voulait qu'on le réservât à la question et au supplice »
C. DELAV.: « À qui réserve-t-on ces apprêts meurtriers ? »
    Il se construit avec à et un infinitif.
REGNARD: « Ayant vu notre contenance déterminée, ils [les voleurs] s'arrêtèrent et réservèrent à prendre mieux leur avantage »
Mlle DE LA FORCE: « Les princesses lui apprirent en peu de paroles la violence qu'on leur avait faite, réservant à dire le reste avec un plus grand loisir »
    Au passif et impersonnellement.
J. J. ROUSS.: « Socrate vit et déplora les malheurs de sa patrie ; c'est à Thrasybule qu'il était réservé de les finir »
    Au barreau, l'avocat a prié les juges de lui réserver la réplique, il leur a demandé le droit de répliquer quand il en sera temps.
    Se réserver la réplique, déclarer qu'on veut répliquer.

 3   Destiner à.
CORN.: « Pour mériter les biens qui vous sont réservés »
SACI: « Quelle sera donc enfin la punition que je lui réserve ? »
RAC.: « Prince, l'heure fatale est enfin arrivée, Qu'à votre liberté le ciel a réservée »
FÉN.: « Les dieux, qui se jouent des desseins des hommes, nous réservaient à d'autres dangers »

 4   Se réserver, réserver pour soi, garder pour soi.
BALZ.: « Il ne se peut pas dire qu'ils [les égoïstes] aient de mauvais desseins contre l'État, et qu'ils en désirent la ruine ; ils se réservent seulement leurs premières et leurs plus tendres affections »
FLÉCH.: « C'est par son désintéressement que M. de Lamoignon se réserva cette liberté d'esprit si nécessaire dans la place qu'il occupait »
FLÉCH.: « Dans leurs prospérités [de ses amis], il estima leur modération, et se réserva le droit de les avertir de leur orgueil »
MONTESQ.: « [à Rome] les rois se réservèrent le jugement des affaires criminelles, et les consuls leur succédèrent en cela »
    Se réserver à faire quelque chose, ou de faire quelque chose, attendre, remettre à faire cette chose pour un temps, une occasion, un lieu qu'on jugera favorable.
BALZ.: « Je me réserve à vous dire le reste quand vous serez de retour d'Italie »
PATRU: « Il se réserve de payer plus ou moins »
BOSSUET: « Je me réserve à vous faire un second discours où j'aurai une raison nécessaire de vous parler de la France et de ce grand conquérant [Louis XIV] qui.... »
FLÉCH.: « Dieu, qui l'accorde [la paix] quand il lui plaît et comme il lui plaît, se réservait à la donner par l'entremise de notre princesse »

 5   Se réserver, v. réfl. Faire la réserve de soi-même.
LAMOTTE: « Quoi ! c'est donc pour mon fils que vous vous réservez ! »

 6   Se ménager pour un autre temps, pour une autre occasion. Il se réserve pour de plus grandes choses. Je ne danserai point de contredanse, je me réserve pour la valse. Je me réserve pour le rôti, pour le dessert.
    Absolument. Se réserver, se tenir à l'écart, afin de reparaître à son avantage.
RAC.: « Cachez-leur [aux Romains] pour un temps vos noms et votre vie ; Allez, réservez-vous.... »

HISTORIQUE
    XVème siècle
FROISS.: « [Le comte de Foix] emprit la charge de ce gouvernement, et jura à tenir et à garder le pays en son droit contre tout nomme.... mais il reserva tant seulement la majesté royale du roi de France »
    XVIème siècle
AMYOT: « Il estoit fort retenu et reservé en son parler »
AMYOT: « Il se jetta incontinent à pied, et lui amena [au consul blessé] son cheval, le priant de vouloir monter dessus, pour essayer de se reserver à la necessité de son païs »
MONT.: « En ma nourriture [éducation] il [mon père] reserva plusieurs façons particulieres contre l'usage des colleges »
DESPORTES: « Pourquoi me reservéje à languir davantage ? »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. et espagn. reservar ; ital. riservare ; du lat. reservare, de re, et servare, garder.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Garder, retenir quelque chose d'un tout, une chose entre plusieurs autres. "Il a vendu la propriété de ce domaine, mais il s'en est réservé l'usufruit, la jouissance. Il a vendu les fruits de son jardin, mais il s'est réservé tant d'arbres. Il a cédé son établissement, mais il s'est réservé une pension. L'évêque se réserve le pouvoir d'absoudre de certains cas. Le ministre s'est réservé la connaissance de cette affaire. Dieu semble s'être réservé la punition de ce crime."
Il signifie aussi, Garder une chose pour un autre temps, pour un autre usage, la ménager pour une autre occasion. "Réservez vos conseils pour un moment plus favorable. Il est bon de quelque argent pour les besoins imprévus. Un homme sage réserve ses amis pour les occasions essentielles. Réservez-moi vos bontés pour une autre occasion. Le gouverneur de cette place ne veut point faire de sorties, il réserve ses troupes pour soutenir les attaques. Il réserve ce cheval pour un jour de bataille. La cour a jugé le principal, et a réservé à faire droit sur les intérêts. Il réserve le reste de l'explication à un autre temps."
"Se à faire quelque chose," ou "de faire quelque chose," Attendre, remettre à faire cette chose quand on le trouvera à propos, en temps et lieu. "Je me réserve à faire cela en tel temps. Je me réserve de lui en dire mon avis en temps et lieu. Je me réserve à parler quand j'aurai entendu vos raisons." On dit, dans un sens analogue, avec le pronom personnel régime direct: "Je me réserve pour une autre occasion. Il se réserve pour de plus grandes choses. Un tel n'a pas parlé aujourd'hui dans la discussion de cette loi, il se réserve pour demain. Je ne danserai point de contredanse, je me réserve pour la valse. Se pour le rôti, pour le second service, pour l'entremets."
Au Barreau, "Se la réplique," Déclarer qu'on veut répliquer. On dit de même, "L'avocat a prié les juges de lui la réplique," Il leur a demandé la permission, le droit de répliquer quand il en sera temps.



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Garder, retenir quelque chose du total. "Il a vendu la propriété de cette terre, mais il s'en est réservé l'usufruit, la jouissance. Il a vendu les fruits de son jardin, et s'en est réservé tant d'arbres. Il a résigné son Bénéfice, mais il s'est réservé une pension. L'Êvêque se réserve le pouvoir d'absoudre de certains cas. La Cour a jugé le principal, et a réservé à faire droit sur les intérêts. Il réserve le reste à un autre temps. Le Pape se réserve la provision, la collation, la prévention de certains Bénéfices. Le Roi s'est réservé la connoissance de cette affaire. Dieu s'est réservé la vengeance, etc."
On dit, "Se à faire quelque chose, se à parler," pour dire, Attendre, remettre à faire, à parler, quand on le trouvera à propos, en temps et lieu. "Je me réserve à faire cela en tel temps. Je me réserve de lui en dire mon avis en temps et lieu," pour dire, Je me réserve la liberté, le droit de, etc. "Je me réserve à parler quand j'aurai entendu vos raisons. Je me réserve pour une autre occasion".
On dit à table, "Je me réserve pour le rôti, pour le second service, pourl'entremets".
On dit, "Se la réplique," pour dire, Déclarer qu'on veut répliquer. Et l'on dit, qu'"Un Avocat prie les juges de lui la réplique," pour dire, qu'Il leur demande la permission, le droit de répliquer quand il en sera temps.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Réserver, signifie aussi, Garder une chose pour un autre temps, pour un autre usage, la ménager pour une bonne occasion. "Réservez ce discours-là pour une autre fois. Il est bon de de l'argent pour les besoins imprévus. Un homme sage réserve ses amis pour les occasions essentielles. Le Gouverneur de cette Place ne veut point faire de sorties, il réserve ses gens pour soutenir les attaques. Il réserve ce cheval pour un jour de bataille".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Garder, retenir quelque chose du total. "Il a vendu la propriété de cette terre, mais il s'en est réservé l'usufruit, la jouissance. Il a vendu les fruits de son jardin, & s'en est réservé tant d'arbres. Il veut donner tout son bien aux pauvres, à ses enfans, & se seulement tant. Il a résigné son bénéfice, mais il s'est réservé une pension. L'Évêque se réserve le pouvoir d'absoudre de certains cas. La Cour a jugé le principal, & a réservé à faire droit sur les intérêts. Il réserve le reste à un autre temps. Le Pape se réserve la provision, la collation, la prévention de certains Bénéfices. Le Roi s'est réservé la connoissance de cette affaire. Dieu s'est réservé la vengeance."
On dit, "Se à faire quelque chose, se à parler," pour dire, Attendre, remettre à faire, à parler, quand on le trouvera à propos, en temps & lieu. "Je me réserve à faire cela en tel temps. Je me réserve à parler quand j'aurai entendu vos raisons."
On dit, "Se la réplique," pour dire, Déclarer qu'on veut répliquer. Et on dit, qu'"Un Avocat prie les Juges de lui la réplique," pour dire, qu'Il leur demande la permission, le droit de répliquer quand il en sera temps.



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie aussi, Garder une chose pour un autre temps, pour un autre usage, la ménager pour une bonne occasion. "Réservez ce discours-là pour une" "autre fois. Il est bon de de l'argent pour les besoins imprévus. Un homme sage réserve ses amis pour les occasions essentielles. Le Gouverneur de cette Place ne veut point faire de sorties, il réserve ses gens pour soutenir les attaques. Il réserve ce cheval pour un jour de bataille."




Emplacement dans le dictionnaire :

réservataire
reservation
réservation
reservé
reserve
réserve
réservé
réservément
reserver
réserver
réservoir
reservoir
reset
résidant
residant
résidence
residence
resident
résident
resider
résider


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