Révoquer (verbe)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Destituer; ôter à quelqu'un, pour des raisons de mécontentement, les fonctions, le pouvoir, l'emploi amovible qu'on lui avait donné. "Révoquer un préfet. Révoquer un fonctionnaire. Révoquer un instituteur. Révoquer son avoué."
Il se dit aussi en parlant des Choses et signifie Annuler, déclarer de nulle valeur à l'avenir. "Révoquer un ordre, un pouvoir, une donation."
"Révoquer en doute," Mettre en doute.



Dictionnaire d'Emile Littré




 1   Rappeler, destituer d'une fonction. Révoquer un préfet.

 2   En parlant des choses, annuler, déclarer nul.
CORN.: « De grâce, révoquez une si dure loi »
PELLISSON: « J'ai ouï dire.... qu'il [le cardinal de Richelieu] fut très fâché de cette élection [de Porchières-Laugier, qu'il haïssait] ; qu'on lui offrit de la révoquer, et qu'il eut cette modération de se contenter d'un règlement pour l'avenir »
PELLISSON: « Il [le roi d'Angleterre] révoque les lettres circulaires qu'il avait déjà envoyées pour assembler son parlement au mois de novembre »
SÉV.: « Vous aurez vu sans doute l'édit par lequel le roi révoque celui de Nantes ; rien n'est si beau que tout ce qu'il contient, et jamais aucun roi n'a fait et ne fera rien de plus mémorable »
RAC.: « Et forcez votre père à révoquer ses voeux »
MONTESQ.: « Il arriva que la cour voulut révoquer les dons qui avaient été faits ; cela mit un mécontentement général dans la nation »
VOLT.: « S'il était question de révoquer aujourd'hui l'édit de Nantes, personne n'oserait proposer une injustice si funeste »
VOLT.: « L'indignation qu'il [Louis XIV] conserva toujours dans son coeur contre les excès auxquels le parlement s'était porté dans sa minorité, le détermina même à venir dans la grand'chambre pour y révoquer les priviléges de noblesse accordés aux cours supérieures par la reine sa mère »
J. J. ROUSS.: « Ne soyez point prodigue en refus [à l'égard des enfants], mais ne les révoquez jamais »
    On ne peut révoquer le passé, on ne peut faire qu'une chose qui a été faite ne l'ait point été.
VILLEMAIN: « Je lui dis qu'on ne pouvait révoquer le passé, qu'il y avait aussi des choses que je voudrais n'avoir jamais été faites »

 3   Révoquer en doute, contester, mettre en doute.
PASC.: « Vouloir révoquer en doute le rapport des sens »
FONTEN.: « C'est bien en dire assez.... de révoquer en doute s'il y a eu des oracles où les démons aient eu part »

 4   Se révoquer, v. réfl. Être révoqué.
CORN.: « Mais, puisque le passé ne peut se révoquer.... »

HISTORIQUE
    XIVème siècle
BERCHEURE: « Camillus fut revoqué de exil du commandement du peuple »
    XVème siècle
FROISS.: « Si revoqua ce pape toutes graces en devant faites »
E. DESCH.: « Mais en lieu de mon bailliaige Me fist l'en tresorier sauvaige Qui fors huit jours ne me dura, Revoquez fu ; avisez là Comment et à qui vous servez »
     Bibl. des ch. 6e série, t. II, p. 141: Ung roy ne doit riens aliener de son demaine, et, s'il l'a fait, le doit revoquer
     Perceforest, t. VI, f° 84: Elle congneut que la pucelle au cercle d'or ne se revoqueroit [rétracterait] en nulle maniere, ainçoys soustiendroit la partie
    XVIème siècle
RAB.: « Ils revocquoyent en usage l'antique jeu des tales »
RAB.: « La ferveur de tes estudes requeroyt que de longtemps ne te revocasse de cestuy philosophicque repous »
AMYOT: « Et fut ordonné que les heraults revoqueroient les execrations qu'ilz avoient fulminées encontre luy [Alcibiade] »
MONT.: « On revoqua le superbe tiltre de Capitolinus qu'on avoit auparavant donné à M. Manlius »
LANOUE: « Mais quel besoin est-il de cercher de grandes preuves et confirmations de ceci, veu que nul ne le revoque en doute ? »
D'AUB.: « Poltrot mené à Paris est tenaillé et tiré à quatre chevaux, ayant revoqué sa premiere deposition »

ÉTYMOLOGIE
    Prov. et espagn. revocar ; port. revogar ; ital. rivocare ; du lat. revocare, de re, et vocare, appeler (voy. VOYELLE).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE RÉVOQUER. Ajoutez :

 5   Se révoquer, rétracter une résolution.
MALH.: « La raison ne se révoque jamais, quand elle a fait un jugement »

HISTORIQUE
    Ajoutez : XIIème siècle
     li Dialoge Gregoire lo pape, 1876, p. 148: Ge aesme [estime] cest miracle estre plus grant de toz altres miracles, ke li mort repairent à vie, et ke lur anrmes [âmes] de repons [d'un lieu caché] sont revochies à la char


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Rappeler, destituer. Il se dit proprement De ceux à qui on ôte, par des raisons de mécontentement, les fonctions, le pouvoir, l'emploi amovible qu'on leur avait donné. "Le roi révoqua son ambassadeur. Révoquer son avoué. Révoquer un préfet. Révoquer un commis, un employé."
Il se dit aussi en parlant Des choses, et signifie, Annuler, déclarer de nulle valeur à l'avenir. "Révoquer un ordre, un pouvoir, une donation. Révoquer une commission. Il révoqua son testament. Le roi a révoqué son ordonnance."
"Révoquer en doute," Mettre en doute.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Rappeler. Il se dit proprement De ceux à qui on ôte par des raisons de mécontentement, les fonctions, le pouvoir, et l'emploi amovible qu'on leur avoit donné. "Le Roi révoqua son Ambassadeur. Révoquer un Procureur. Révoquer un Intendant. Révoquer un Commis".
Il se dit aussi Des choses. Ainsi on dit, "Révoquer un ordre, un pouvoir, une donation," pour dire, Déclarer de nulle valeur à l'avenir, un ordre, un pouvoir qu'on a donné, une donation qu'on a faite, etc. "Révoquer une commission. Révoquer un testament. Il avoit résigné son Bénéfice, mais il a révoqué sa résignation. Le Roi a révoqué sa Déclaration, son Êdit".
On dit, "Révoquer en doute," pour dire, Mettre en doute.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Rappeler. Il se dit proprement De ceux à qui on ôte par des raisons de mécontentement, les fonctions, le pouvoir & l'emploi amovible qu'on leur avoit donné. "Le Roi révoqua son Ambassadeur. Révoquer un Procureur. Révoquer un Intendant. Révoquer un Commis."
Il se dit aussi Des choses. Ainsi on dit, "Révoquer un ordre, un pouvoir, une donation," pour dire, Déclarer de nulle valeur à l'avenir, un ordre, un pouvoir qu'on a donné, une donation qu'on a faite, &c. "Révoquer une commission. Révoquer un testament. Il avoit résigné son Bénéfice, mais il a révoqué sa résignation. Le Roi a révoqué sa Déclaration, son Édit."
On dit, "Révoquer en doute," pour dire, Mettre en doute.




Emplacement dans le dictionnaire :

revolu
révoluté
revolution
révolution
révolutionnaire
révolutionné
revolver
révoqué
revoquer
révoquer
revu
revue
revûe
révulsé
rez de chaussée
rez-de-chaussée
rhabdomancie
rhabillage
rhabiller
rhabituer
rhagade


Autres Recherches
Synonymes
Conjugaisons
Synonymes : cliquez ici
Conjugaison du verbe : cliquez ici


Accès direct à ptidico.com: cliquez ici...