Rabâcher (verbe)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Revenir souvent et inutilement sur ce qu'on a dit. "Cet homme ne fait que ." Il est familier.
Il s'emploie aussi transitivement. "Il rabâche toujours les mêmes choses."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 


Terme familier. Répéter souvent et inutilement la même chose.
VOLT.: « Vous me rabâchez de seigneurs et de dames les plus titrés ; qu'est-ce que cela veut dire ? »
J. J. ROUSS.: « Je n'ai jamais été tenté de prendre la plume que pour dire des choses grandes, neuves et nécessaires, et non pas pour rabâcher »
    Activement.
VOLT.: « Petit Nonotte, rabâcheras-tu toujours les contes de la légion thébaine... ? »

HISTORIQUE
    XIVème siècle
     les Quinze joyes du mariage, p. 160, dans LACURNE: S'escoute parler, et se glorifie en son fait et à sa preudhommie, combien qu'à l'adventure elle ne sçait qu'elle ravache
    XVIème siècle
COTGRAVE: « Rabascher »

ÉTYMOLOGIE
    Génev. rebâcher ; wallon, rabâgi. Origine inconnue. On a le substantif dans un texte du XIIIe siècle : Car il est de veillier trop las ; Et demain le ramenras chi, Quant un peu il ara dormi ; Aussi ne fait il fors rabasches, Li jus Adam, Théâtre franç. au moyen âge, p. 72. Génin y voit une autre forme de ravasser qui s'est dit pour rêvasser (Pantagruel soy retirant aperceut par la galerie Panurge en maintien d'un resveur ravassant, Pant. III, 6) ; dans cette conjecture, le changement des deux s en ch n'est pas expliqué. Scheler conjecture rebec ou rabac, sorte de violon usité au moyen âge ; de sorte que rabâcher serait racler un violon. L'ancienne langue a rabater, faire du bruit, rabat, lutin, conservé dans le Berry rabât, bruit, rabâter, faire du bruit ; mais les intermédiaires manquent pour dériver rabâcher de rabater ; cependant remarquons que Oudin, dans son dictionnaire, traduit rabascher par far strepito. Chevallet a proposé une origine celtique : bas-bret. rebec, reproche, rebecha, reprocher ; kymri, rhab, reproche ; gaélique, rhabanach, celui qui répète sans cesse, de rabacha, avis, censure ; comparez dans le dialecte corse rimbeccu ; ital. rimbucco, lesquels viennent de becco, bec. Enfin le général Ambert (Moniteur du 7 août 1867, p. 1082, 1re colonne) le tire de rabach, nom donné aux chausses des rocantins, lesquels, étant de vieux soldats, rabâchaient leurs histoires ; mais le mot est trop ancien pour avoir une telle origine.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Revenir souvent et inutilement sur ce qu'on a dit. "Cet homme ne fait que ." Il est familier.
Il s'emploie quelquefois activement. "Il rabâche toujours les mêmes choses."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Revenir souvent et inutilement sur ce qu'on a dit. "Il ne fait que ". Il est du discours familier, ainsi que ses dérivés.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Revenir souvent & inutilement sur ce qu'on a dit. "Il ne fait que ." Il est du discours familier, ainsi que ses dérivés.




Emplacement dans le dictionnaire :

quotidien
quotidiennement
quotidienneté
quotient
quotter
ra
rabachage
rabâchage
rabâchement
rabâcher
rabâcherie
rabâcheur
rabais
rabaissé
rabaissement
rabaisser
rabaisseur
raballe
rabat
rabat-joie
rabattage




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)

...secouait la tête : - j'sais pas c'qu'il a, mon garçon, depuis qu'il est revenu du service. C'est comme un dégoût qui l'a pris. Jamais content ; toujours à s'creuser la tête dans son coin, à rabâcher des histoires. Et pis, les gueuses l'ont pourri. Vois-tu, fit-il, si ta fille pouvait prendre le dessus, l'oublier, ça n'serait peut-être pas pour elle une mauvaise affaire. Le garde haussa les...


Citation n°2 de Honoré de MIRABEAU comte (Lettres originales écrites du donjon de Vincennes pendant les années 1777, 1778, 1779, 1780)

...que les jolies pénitentes. Elle allait se camper... où ? Chez lui... quand ? à 7 heures du matin : elle en sortait à une heure pour aller dîner, revenait à deux jusqu'à la nuit, et de prêcher et de rabâcher, et de noyer dans un flux de paroles, une grosse de médisances et de calomnies. -vîte, vîte, le bon évêque, pour se sauver d'une autre visite, accordait tout. La plaisante créature, si elle n'était...


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