Reléguer (verbe)
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Envoyer en exil dans un lieu déterminé. "Ils furent tous relégués dans une île."
Il signifie spécialement, en termes de Jurisprudence, interner dans une colonie.
Il se dit, par extension, en parlant d'une Personne que l'on envoie demeurer dans un pays, dans un lieu retiré. "Il a relégué sa femme à la campagne, en province. Se
Il se dit figurément en parlant de Certaines choses qu'on éloigne, qu'on met à l'écart. "On a relégué ce portrait dans une antichambre, cette armoire au grenier."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Confiner en un endroit déterminé, avec conservation des droits civils et politiques, à la différence du banni qui les perdait (Quippe relegatus, non exsul dicor.... Nec mihi jus civis, nec mihi nomen abest, a dit Ovide, Tristes, II, 135).
ROLLIN: « L'empereur ne le fit point condamner [Ovide] par un arrêt du sénat, et il se servit du terme de reléguer, qui, dans le droit romain, était plus doux que le terme bannir »
2 Dans le langage général, infliger le confinement en un lieu déterminé.
ROLLIN: « S'il [le mort] est trouvé coupable de crimes qui soient d'un genre à pouvoir être expiés, il est relégué dans le Tartare pour un temps seulement, et avec assurance d'en sortir quand il aura été suffisamment purifié »
MONTESQ.: « Le parlement de Paris vient d'être relégué dans une petite ville qu'on appelle Pontoise »
VOLT.: « Dépouillé de tous ses biens, qui étaient immenses, il [Basile Galitzin] fut relégué sur le chemin d'Archangel »
Par extension.
VOLT.: « Ce n'est pas assez de faire une guerre heureuse contre ces barbares [les Turcs].... ce n'est pas assez de les humilier, il faudrait les reléguer pour jamais en Asie »
3 Mettre, tenir à l'écart. Il relégua son fils à la campagne.
RAC.: « Pourquoi, de cette gloire exclu jusqu'à ce jour, M'avez-vous, sans pitié, relégué dans ma cour ? »
BARTHÉL.: « Les deux princes ne furent pas plutôt en âge de régner, qu'ils reléguèrent Oedipe au fond de son palais »
Fig.
BOSSUET: « Ce n'est pas qu'on y jouât alors [dans la tragédie, chez les anciens] les passions des jeunes gens ; nous avons vu à quel rang on les reléguait [dans la comédie] »
4 Fig. il se dit des choses qu'on met à l'écart. Il faut reléguer ces vieilleries au grenier.
RAYNAL: « Il faut reléguer au rang des fables ces majestueux palais destinés à loger les incas dans le lieu de leur résidence et dans leurs voyages »
5 Se reléguer, v. réfl. Se retirer, se mettre à l'écart.
DIDER.: « Ses disciples [d'Edesius] l'empêchent d'aller, par une crainte indigne d'un philosophe [la persécution], se reléguer dans le fond d'une forêt »
HISTORIQUE
XIVème siècle
ORESME: « Ne bannir ne releguer »
XVIème siècle
AMYOT: « Les Atheniens le bannirent et releguerent hors de leur ville pour cinq ans »
MONT.: « L'heremite relegué aux deserts d'Arabie »
ÉTYMOLOGIE
Provenç. relegar, releguar ; espagn. relegar ; ital. relegare ; du lat. relegare, de re, et legare, envoyer (voy. LÉGAT).
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Envoyer en exil dans un lieu déterminé. "Ils furent tous relégués dans une île."
Il se dit, par extension, en parlant D'une personne que l'on envoie demeurer dans un lieu, dans un pays retiré. "Il a relégué sa femme à la campagne, en province."
Il s'emploie, dans une acception analogue, avec le pronom personnel. "Se
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit figurément en parlant De certaines choses qu'on éloigne, qu'on met à l'écart, parce qu'on n'en fait plus de cas. "On a relégué ce portrait dans une antichambre, cette armoire au garde-meuble."
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Envoyer en exil en certain endroit jusqu'à nouvel ordre. "C'étoit un homme suspect et remuant, on l'a relégué en un tel lieu, il a été relégué à ..... par une lettre de cachet".
On le dit figurément Des choses qui ont perdu la faveur. "On a relégué ce portrait dans une antichambre. On a relégué cet usage-là chez les Bourgeoises du Marais".
On dit d'Un homme qui s'est retiré chez lui en Province, qu'"Il s'est relégué dans la Province".
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Envoyer en exil en certain endroit jusqu'à nouvel ordre. "C'étoit un homme suspect & remuant, on l'a relégué en un tel lieu, il a été relégué à..... par une lettre de cachet."
On dit d'Un homme qui s'est retiré chez lui en Province, qu'"Il s'est relégué dans la Province."
Emplacement dans le dictionnaire :
| relayé relayer relayeur release relegation relégation relégué | relegué releguer reléguer relent relenti relevage relevant | relevé relève relève-gravure relève-moustache relève-quartier relevée relèvement |
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