Revêtir (verbe)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

(Il se conjugue comme VÊTIR.) Pourvoir de vêtements quelqu'un qui en a besoin. "Revêtir les pauvres."
Il signifie aussi Couvrir d'un vêtement, spécialement en parlant des Habits de cérémonie ou des autres marques de dignité. "Deux aumôniers ent ce prélat de ses habits pontificaux. Les chevaliers du Saint-Esprit étaient revêtus du grand collier de l'ordre. Le président du tribunal était revêtu de sa robe de magistrat. Se d'un habit, d'un costume."
Il se dit figurément en parlant des Emplois, des titres, des dignités, du pouvoir, de l'autorité qu'on reçoit, dont on est investi. "La charge dont je vous ai revêtu. Le titre, le pouvoir, les dignité dont il est revêtu. Il se dépouilla de" "l'autorité avec plus de contentement qu'il n'en avait eu à s'en , à s'en voir revêtu."
Il s'emploie aussi figurément dans quelques autres acceptions. "Revêtir ses pensée. d'un style brillant," Les exprimer d'une manière brillante. "Revêtir le mensonge, l'erreur des apparences de la vérité," Donner du mensonge, à l'erreur l'air de la vérité.
En termes de Jurisprudence, "Cet acte est revêtu de toutes les formalités requises," Toutes les formes nécessaires pour qu'il soit Valide y ont été observées. "Cet écrit, cet acte est revêtu de la signature de telle personne, la" porte la signature de telle personne.
REVÊTIR s'emploie aussi avec le nom du vêtement comme complément direct et signifie Mettre sur soi, spécialement en parlant des Habits de cérémonie et des autres marques de dignité. "Revêtir un habit, une robe de soie. Revêtir l'uniforme, l'habit vert. Il avait revêtu la pourpre, les vêtements sacerdotaux. Revêtir ses habits de fête, des vêtements de deuil."
Il se dit aussi figurément et signifie Prendre, se donner, s'attribuer telle ou telle apparence, telle ou telle qualité. "Les formes que revêt la pensée, dont la pensée se revêt." JÉSUS-CHRIST "revêtit les apparences les plus humbles pour venir racheter les hommes." On dit dans un sens analogue : "Revêtir un personnage."
REVÊTIR signifie, en termes d'Architecture, Faire un revêtement. "Revêtir un fossé, un bastion. Revêtir une terrasse de gazon. Revêtir une muraille de carreaux de faïence. Revêtir de marbre, de stuc, les lambris d'un appartement."
Il signifie également, dans une acception plus générale, Recouvrir, enduire, "Revêtir l'aire d'une grange d'une touche de sable et de terre battus. Revêtir le fond d'un bassin d'un lit de glaise."
REVÊTU s'emploie au figuré et signifie Qui est orné, décoré. "Les vertus et les qualités aimables dont il était revêtu le rendent digne de tous nos regrets. On dédaigne souvent la vérité, quand elle n'est pas revêtue des ornements qui plaisent à l'esprit."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Donner des vêtements à quelqu'un qui en manque.
SACI: « Il [Tobie] nourrissait ceux qui avaient faim, revêtait ceux qui étaient nus »
FLÉCH.: « C'est là [dans les hospices] que la faim est rassasiée, que la nudité est revêtue »
    Fig.
MASS.: « Tandis qu'il revêt de beauté le lis qui croît dans les plus profondes vallées, au milieu des épines »
DELILLE: « Aimable d'innocence et belle de candeur, Son corps [d'ève] est revêtu de sa seule pudeur »
    Fig. et absolument.
BOSSUET: « C'est par cette dernière grâce que la mort change de nature pour les chrétiens, puisqu'au lieu qu'elle semblait être faite pour nous dépouiller de tout, elle commence, comme dit l'apôtre, à nous revêtir, et nous assurer éternellement la possession des biens véritables »

 2   Terme de peinture et de sculpture. Revêtir des figures, les habiller.

 3   Mettre sur soi ou sur quelqu'un un vêtement. Revêtir un habit.
    Particulièrement, il s'emploie quand il est question d'habits de cérémonie. Deux aumôniers revêtirent ce prélat de ses habits pontificaux.
BOURDAL.: « Il commanda qu'on le revêtît de la pourpre, qu'on lui donnât le collier d'or, que tout le peuple le révérât et lui obéît »

 4   Fig. Il se dit des emplois, des charges, des dignités qu'on reçoit, dont on est décoré.
MAIRAN: « La place de bibliothécaire du roi n'avait jamais été si brillante, ni revêtue d'autant de titres et de prérogatives qu'elle l'a été en la personne de M. l'abbé Bignon »
RAYNAL: « La cour avait cru devoir revêtir son représentant d'un titre imposant et d'une autorité très étendue »

 5   Terme de jurisprudence. Mettre à un acte tout ce qui est nécessaire pour qu'il soit valide. Cet acte est revêtu de toutes les formes requises. Il faudra revêtir cet écrit, cet acte de la signature de telle personne.

 6   Fig. Couvrir comme d'un vêtement.
BOSSUET: « L'idolâtrie.... il ne fallait que la revêtir de quelque apparence, et l'expliquer en parole dont le son fût agréable à l'oreille, pour la faire entrer dans les esprits »
BOURD.: « Pour porter le joug de Jésus - Christ, pour être revêtus de Jésus - Christ »
CONDILL.: « Accoutumés de bonne heure à nous dépouiller de nos sensations pour en revêtir les objets, nous ne nous bornons pas à juger que nous avons des sensations »
    Revêtir ses pensées d'un style poétique, les exprimer poétiquement.
    Revêtir le mensonge des apparences de la vérité, donner au mensonge l'air de la vérité.

 7   Fig. Prendre, recevoir telle ou telle apparence, telle ou telle qualité.
VOLT.: « N'est-ce pas [Eusèbe] un témoin qui dans cet ouvrage [la Vie de Constantin] revêt partout le caractère de panégyriste plutôt que celui d'historien ? »
BONNET: « En même temps que les feuilles de l'acacia revêtent la forme d'une gouttière, chaque foliole la revêt aussi, mais d'une manière moins sensible »
DELILLE.: « Revêts la forme humaine et deviens l'homme-Dieu »
    On dit dans un sens analogue : revêtir un personnage.
    Revêtir un caractère, faire connaître la qualité, l'autorité qu'on possédait sans la montrer.
     Dict. de l'Acad.: Il ne passait que pour un voyageur, mais il a depuis peu revêtu un caractère d'envoyé

 8   Terme de féodalité. Se disait des héritages et des fiefs. Revêtir un vassal de sa terre.

 9   Couvrir, recouvrir, enduire. Les poils qui revêtent extérieurement les animaux. Les lames d'or qui revêtaient extérieurement les portes du Capitole. Revêtir l'aire d'une grange d'une couche de sable.
LA FONT.: « ....Celui dont l'art industrieux Des trésors d'Amphitrite a revêtu ces lieux »
BUFF.: « Le velouté qui revêt la base du bec »

 10   Faire un revêtement. Revêtir un fossé. Revêtir une terrasse de gazon.
PELLISSON: « Vauban était d'avis de le raser ; mais M. le Prince sauva la vie à ce pauvre fort, et l'on résolut, au lieu de le raser, qu'on le ferait revêtir »
    Couvrir de boiseries ou de planches les murs d'une chambre.
    Placer les poteaux et tournisses dans un pan de bois.

 11   Se revêtir, v. réfl. Mettre un vêtement.
RAC.: « Revêtons-nous d'habillements Conformes à l'horrible fête Que l'impie Aman nous apprête »
FÉN.: « Enfin je l'étouffai [un lion] entre mes bras ; et les bergers, témoins de ma victoire, voulurent que je me revêtisse de la peau de ce terrible animal »
    Fig.
CORN.: « Tâche à t'en revêtir [de ma gloire], non à m'en dépouiller »
BOSSUET: « Mesdames, revêtez-vous de ces sentiments »
BOILEAU: « De quel front aujourd'hui vient-il, sur nos brisées, Se revêtir encor de nos phrases usées ? »
CHATEAUB.: « La victoire se déclare pour eux [les Antoine, les Sérapion, les Macaire, les Pacôme] ; le Seigneur se revêt de l'Égypte, comme un berger de son manteau »

 12   Prendre une charge, une dignité.
BARTHÉL.: « Après avoir désarmé la multitude, il [Pisistrate] se revêtit de l'autorité suprême »

 13   Prendre telle ou telle apparence, telle ou telle qualité.
BOURD.: « C'est en se revêtant d'une nature semblable à la nôtre, et en se faisant homme, que le Verbe divin est venu sur la terre »
    En parlant des choses. Les formes dont la pensée se revêt.

REMARQUE
    La conjugaison de ce verbe est souvent l'occasion de fautes :
BOSSUET: « On parle en soi-même un langage humain et on revêtit ses pensées de paroles... lisez revêt. »
LE BAILLY: « En te revêtissant d'une forme dernière lisez revêtant. C'est d'après cette conjugaison fautive que Bossuet a fait le barbarisme revêtissement : »
BOSSUET: « De même que nos paroles sont une espèce de corps et de revêtissement que nous donnons à nos pensées Voy. »VÊTIR.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Raoul de C. 36: De tout son fié [d'un baron mort] vieut estre ravesti
    XIIIème siècle
     Berte, CII: [Berte avoit] La povre gent souvent chaucie et revestue
     ib. CXXVIII: Mout refu Blanchefleurs de joie revestie
H. DE VALENC.: « Et si demoura encore li cuens en sa baillie, et fu raviestus des roiaus gonfanons »
     Liv. de jost. 8: Paumée est senefiance que l'en revest l'achateor par bone foi de marchié
    XVème siècle
FROISS.: « [La reine] leur fit oster [aux six bourgeois de Calais qui s'étaient offerts à la mort] les chevestres d'entour le cou, et les emmena avec li en sa chambre, et les feit revestir et donner à diner tout aise.... [les bourgeois étaient arrivés en chemise] »
    XVIème siècle
AMYOT: « Ils avoient les proues revestues et armées de grosses poinctes d'airain »
MONT.: « Dieu est revestu de l'humaine figure »
LANOUE: « Quelque ingénieur pourra dire que l'eau mine les fondemens d'un rempart, et que de dix ans en dix ans ils versent ou s'escoulent : ce qui n'avient quand ils sont revestus »
LANOUE: « À fin que plus aisement ils puissent se revestir des affections qu'ils doyvent avoir aux choses generales »
LANOUE: « La sacrée dignité, dont il est revestu »
COTGRAVE: « Paon revestu »

ÉTYMOLOGIE
    Re.... et vêtir ; provenç. revestir, rivestir ; espagn. revestir ; ital. rivestire.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


(Il se conjugue comme "Vêtir.") Donner des habits à quelqu'un qui en a besoin. "Revêtir les pauvres. Ce pauvre garçon n'avait qu'un habit tout déchiré, je l'ai revêtu."
Avec le pron. pers., "Se d'un habit," Le mettre sur soi, s'en couvrir. On dit dans le même sens, "Revêtir un habit."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi en parlant Des habits de cérémonie ou des autres marques de dignité. "Le roi était revêtu des habits royaux. Les chevaliers du Saint-Esprit étaient revêtus de leur grand collier de l'ordre. Deux aumôniers ent ce prélat de ses habits pontificaux. On insulta ce président, quoiqu'il fût revêtu de sa robe de magistrat. Se d'un costume."
Il se dit figurément en parlant Des emplois, des titres, des dignités, du pouvoir, de l'autorité qu'on reçoit, dont on est investi. "La charge dont je vous ai revêtu. Je me suis dépouillé de cet emploi pour l'en . Il est revêtu d'une belle charge. Le titre, le pouvoir, les dignités dont il est revêtu. Il se dépouilla de l'autorité avec plus de contentement qu'il n'en avait eu à s'en , à s'en voir revêtu. Le légat à latere est revêtu du pouvoir du pape. Le roi l'a revêtu d'un plein pouvoir."
Il s'emploie aussi figurément dans quelques autres acceptions. Ainsi on dit: "Revêtir ses pensées d'un style brillant," Les exprimer d'une manière brillante. "Revêtir le mensonge, l'erreur des apparences de la vérité," Donner au mensonge, etc., l'air de la vérité.
En termes de Jurispr., "Cet acte est revêtu de toutes ses formes, de toutes les formalités requises," Toutes les formes nécessaires pour qu'il soit valide y ont été observées. "Cet écrit, cet acte est revêtu de la signature de telle personne," Il porte la signature de telle personne.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie également, soit seul, soit avec le pronom personnel, Prendre, se donner, s'attribuer telle ou telle apparence, telle ou telle qualité. "Revêtir la figure de quelqu'un. Les formes que revêt la pensée, dont la pensée se revêt." JÉSUS-CHRIST "se revêtit des apparences les plus humbles pour venir racheter les hommes." On dit dans un sens analogue, "Revêtir un personnage."
"Revêtir un caractère," Faire connaître la qualité, l'autorité qu'on possédait sans la montrer. "Il ne passait que pour un voyageur, mais il a revêtu depuis peu un caractère d'envoyé."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes d'Architecture, Faire un revêtement. "Revêtir un fossé, un bastion. Revêtir une terrasse de gazon. Revêtir une muraille de carreaux de faïence. Revêtir de marbre, de stuc les lambris d'un appartement."
Il signifie également, dans une acception plus générale, Recouvrir, enduire. "Revêtir l'aire d'une grange d'une couche de sable et de terre battus. Revêtir le fond d'un bassin d'un lit de glaise. Etc."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


(Il se conjugue comme "Vétir".) Donner des habits à quelqu'un qui en a besoin. "Revêtir les pauvres. Ce pauvre garçon n'avoit qu'un méchant habit tout déchiré, je l'ai revêtu".
On dit, "Se d'un habit," et "Revêtir un habit. Il a revêtu la soutane, après avoir endossé la cuirasse".
On dit, "Revêtir un caractère", pour, Faire connoître la qualité, l'autorité qu'on possédoit sans la montrer. "Il ne passoit que pour un voyageur, mais il a revêtu depuis peu un caractère d'Envoyé".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Revêtir, se dit aussi Des habits de cérémonie, ou des autres marques de dignité. "Le Roi étoit revêtu des habits royaux. Les Chevaliers du Saint-Esprit étoient revêtus de leur grand collier de l'Ordre. Deux Aumôniers ent ce Prélat de ses habits pontificaux. On fit insulte à ce Président, quoiqu'il fût revêtu de sa robe de Magistrat".
Il se dit figurément Des Charges, des Bénéfices, des Emplois dont on est pourvu. "La Charge dont je vous ai" "revêtu. Je me suis dépouillé de cet Emploi pour l'en . Il est revétu d'une belle Charge".
On dit, qu'"Un homme est revêtu du pouvoir d'un autre," pour dire, qu'Il a le pouvoir, l'autorité d'un autre. "Le Légat à latere est revêtu du pouvoir du Pape. Le Roi l'arevêtu d'un plein pouvoir".
On dit en termes de Pratique, qu'"Un acte est revêtu de toutes ses formes, de toutes les solennités requises".
On dit figurément, "Revêtir un personnage, la figure de quelqu'un," pour, Représenter un personnage, prendre la figure de quelqu'un.
On dit, "Revêtir un fossé, un bastion," pour, Le couvrir, le remparer de pier re, de brique, etc.
On dit aussi, "Revêtir une terrasse de gazon. Revêtir une muraille de carreaux de porcelaire".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


(Il se conjugue comme "Vêtir.") Donner des habits à quelqu'un qui en a besoin. "Revêtir les pauvres. Ce pauvre garçon n'avoit qu'un méchant habit tout déchiré, je l'ai revêtu."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit aussi Des habits de dignité & de cérémonie, ou des autres marques de dignité. "Le Roi étoit revêtu des habits royaux. Les Chevaliers du Saint-Esprit étoient revêtus de leur grand colier de l'Ordre. Deux Aumôniers ent" "ce Prélat de ses habits pontificaux. On fit insulte à ce Président, quoiqu'il fût revêtu de sa robe de Magistrat."
Il se dit fig. Des Charges, des Bénéfices, des Emplois dont on est pourvu. "La Charge dont je vous ai revêtu. Je me suis dépouillé de cet Emploi pour l'en . Il est revêtu d'une belle Charge."
On dit, qu'"Un homme est revêtu du pouvoir d'un autre," pour dire, qu'Il a le pouvoir, l'autorité d'un autre. "Le Légat" à latere "est revêtu du pouvoir du Pape. Le Roi l'a revêtu d'un plein pouvoir."
On dit en termes de Pratique, qu'"Un acte est revêtu de toutes ses formes, de toutes les solennités requises."
On dit, "Revêtir un fossé, un bastion," pour dire, Le couvrir, le remparer de pierre, de brique, &c.
On dit aussi, "Revêtir une terrasse de gazon. Revêtir une muraille de carreaux de porcelaine."




Emplacement dans le dictionnaire :

reverer
révérer
rêverie
revers
reversé
reverser
reversible
réversible
revêtement
revêtir
revêtu
reveuë
rêveur
rêveusement
revider
revient
revigorer
revirement
revisable
revisé
reviser


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