Séjourner (verbe)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Demeurer, s'arrêter quelque temps dans un endroit. "Il est arrivé à Paris, où il doit cinq ou six mois."
Il se dit, par analogie, des Liquides qui s'arrêtent, qui restent plus ou moins longtemps dans un endroit. "Les eaux de la mer ont séjourné longtemps sur cette partie de la terre. L'eau du Nil, après avoir séjourné sur les terres, se retire et rentre dans son lit."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Demeurer quelque temps dans un lieu. Il doit séjourner à Paris cinq ou six mois.
    Fig.
LA FONT.: « Volontiers où soupçon séjourne... »
    Se reposer en un lieu durant un voyage. Ce régiment, en allant à sa garnison, ne séjournera qu'en deux endroits.

 2   Retarder, faire un délai.
TRISTAN: « Et s'il séjourne plus, penses-tu que je vive ? »

 3   Fig. S'arrêter sur quelque objet pour y songer.
SÉV.: « Une absence continuelle, avec la tendresse que j'ai pour vous, ne compose pas une paix bien profonde à un coeur aussi dénué de philosophie que le mien ; il faut passer sur ces endroits sans y séjourner »

 4   Fig. Il se dit d'un liquide qui reste plus ou moins longtemps dans un endroit. L'eau du Nil, après avoir séjourné sur les terres, se retire et rentre dans son lit.
    Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Rois, p. 75: E alerent s'en andui, e surjurnerenten Naioth
     Th. le mart. 55: Li apostolies ert de Rume idunc fuitis, E surjorna à Sanz meis, semaines e dis
     Ronc. p. 45: Grant desroi menent cil destrier sojourné [tenus au repos]
    XIIIème siècle
     Chr. de Rains, p. 60: Et quant il furent là venu, si sejournerent deus jours
     Ren. 15208: Quatre chapons bien sejornez Lor avoit un borjois donez
     ib. 7203: Li sejorner i estoit biax
     la Rose, 5926: Lesse li [à la fortune] sa roe torner, Qu'el torne adès sans sejorner
     ib. 373: Li tens qui ne puet sejorner, Ains vait tous jors sans retorner, Cum l'iaue qui s'avale toute N'il n'en retorne arriere goute
    XIVème siècle
DU CANGE: « Icellui suppliant pour raffreschir et sejourner ses chevaulx, qui estoient las et travailliez »
    XVème siècle
FROISS.: « Le roi de Navarre.... estoit durement courroucé de ce que les Anglois sejournoient tant à venir »
COMM.: « Il est bien meilleur [le pays de Lombardie que la France] et plus fertile tant en bons fromens, qu'en bons vins et fruicts, et ne sejournent jamais leurs terres »
    XVIème siècle
MAROT: « Frere Thibaut sejourné, gros et gras »
MAROT: « Aucunes fois vers l'occident se tourne, Aucunes fois son oeil jette et sejourne Sur l'orient »
DU BELLAY: « Rien ferme ne sejourne Que la divinité »
RAB.: « À la premiere poincte ilz [les Français] sont pires que dyables ; mais, s'ilz sejournent, ils sont moins que femmes »
RAB.: « Ponocrates, pour le sejourner de ceste vehemente intention des esperitz »
MONT.: « On se sejourne volontiers de tout aultre bien-faire sur ces reformations externes »
MONT.: « Chrysippus.... conclud en elle [l'âme] une singuliere science des affaires du ciel, de l'enfer et d'icy, où elle a passé, repassé et sejourné à plusieurs voyages »
O. DE SERRES: « Le plus exquis miel est celui qui sejourne au fons du pot »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. sojornar, sejornar ; ital. soggiornare. Le mot jour, c'est-à-dire le lat. diurnum, est évidemment dans séjourner ; Scheler le tire d'un verbe fictif subdiurnare, de sub, et le lat. diurnare, durer longtemps ; cela est certain pour l'ital. soggiornare ; mais les plus anciennes formes françaises indiquent plutôt superdiurnare.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Demeurer quelque temps dans un lieu, ou S'y arrêter, s'y reposer lorsqu'on est en voyage. "Il est allé à Paris, où il doit cinq ou six mois. Ce régiment, en allant à sa garnison, ne a que dans deux endroits."
Il se dit, figurément, D'une masse d'eau qui reste plus ou moins longtemps dans un endroit, et en général D'un liquide stagnant. "Les eaux de la mer ont séjourné longtemps sur cette partie de la terre. L'eau du Nil, après avoir séjourné sur les terres, se retire et rentre dans son lit. Les humeurs qui séjournent en quelque partie du corps."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)



S'arrêter en voyageant, et demeurer quelque temps dans un lieu. "Ce régiment, en allant à sa garnison, a séjourné dans deux" "endroits. Il est allé à Paris, où il doit cinq ou six mois".
On dit par extension, d'Une masse d'eau qui est ou qui a été stagnante dans un endroit, qu'"Elle y séjourne," ou "qu'elle y a séjourné".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Demeurer pour quelque temps en quelque lieu. "Il est allé à Paris, où il doit cinq ou six mois."



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Faire séjour en quelque lieu. "Il est allé à Paris où il doit cinq ou six mois".




Emplacement dans le dictionnaire :

seissette
seize
seizieme
seizième
seizièmement
séjour
sejour
séjourné
séjournement
séjourner
sejourner
sel
sélaciens
sélam
sélectif
sélection
selectionne
selectionner
sélectionneur
sélénieux
sélénique


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