Somme (nom féminin, nom masculin)


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 


T. didactique
Quantité qui résulte de plusieurs quantités additionnées. "La somme des unités, des dizaines, des centaines. Si l'on additionne tous ces chiffres, on arrive à une somme importante."
Il se dit par extension, dans le langage courant, d'une Quantité d'argent. "La somme de trois mille francs. On lui donna une somme d'argent pour faire son voyage. Je lui ai fourni la somme qui lui manquait. Cette maison, cette terre lui a coûté des sommes immenses."
Il s'emploie aussi figurément pour désigner l'Ensemble, la totalité. "Cela ne peut qu'ajouter à la somme de nos maux."
Il est aussi le Titre de livres qui traitent en abrégé de toutes les parties d'une science, d'une doctrine, etc. "La Somme théologique de saint Thomas."
SOMME TOUTE, EN SOMME, Enfin, en résumé, pour conclusion. "Somme toute, vous devez être satisfait. Somme toute, ce n'est pas un homme à qui vous deviez vous fier. En somme, que pensez-vous de lui?"



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Charge, fardeau que peut porter un cheval, un mulet, un âne, etc. Il ne s'emploie plus que dans ces expressions : "Bête de somme. Cheval de somme."



3ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Action de dormir; temps pendant lequel on dort. "Un long somme. Un bon somme. Un léger somme. Faire un somme, un petit somme." Il est familier.
Fam., "Il a fait la nuit tout d'un somme," Il a dormi toute la nuit d'un sommeil non interrompu. On dit plutôt aujourd'hui : "Il n'a fait qu'un somme toute la nuit."



1ère définition d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Terme de mathématiques. Résultat des quantités additionnées. La somme des unités. La somme des termes d'une équation.
    Dans le calcul aux différences finies, la différence prise en sens inverse.

 2   Particulièrement, une quantité d'argent.
LA FONT.: « Il avait dans la terre une somme enfouie, Son coeur avec, n'ayant autre déduit Que d'y ruminer jour et nuit »
LA FONT.: « Anticipant tous les jours sur la somme Qu'il [Belphégor] ne devait dépenser qu'en dix ans »
FLÉCH.: « Parcourrai-je les sommes incroyables que Mme d'Aiguillon a distribuées en divers temps, les fondations qu'elle a faites en divers lieux ? »
LA BRUY.: « Celui qui a gagné un procès d'où on lui a compté une grosse somme »
FÉN.: « Cet homme avait reçu de grandes sommes d'Adraste, pour lui mander tous les desseins des alliés »
VOLT.: « L'empereur était alors si pauvre, qu'il accordait les plus grandes choses pour les plus petites sommes »
DIDER.: « Petit à petit cela fait somme »
    Par extension.
BUFF.: « Étant accoutumés par notre courte existence à regarder cent ans comme une grosse somme de temps »
    Somme totale, la quantité qui résulte de plusieurs sommes jointes ensemble.
    Adverbialement. Somme totale, en réunissant toutes les sommes. Somme totale, il en coûte tant.
    Terme de marine. Haute somme, dépense extraordinaire que fait un armateur.

 3   Fig. Ce qui est comparé à un total.
BARTHÉL.: « La somme des biens serait infiniment plus grande que celle des maux, si les hommes avaient le bon esprit de mettre dans la première classe et les sensations agréables, et les moments exempts de trouble et de chagrins »
CHATEAUBR.: « Il faut toujours, dans nos tableaux, unir le bonheur à l'infortune, et faire la somme des maux un peu plus forte que celle des biens, comme dans la nature »

 4   Titre de certains livres qui traitent en abrégé de toutes les parties d'une science.
BALZ.: « Chargés d'une somme de théologie qui eût été capable d'assommer »
BOILEAU: « Alain, ce savant homme, Qui de Bauny vingt fois a lu toute la Somme »
VOLT.: « Il y a dans sa Somme ultramontaine [de saint Thomas d'Aquin] des décisions que les parlements de France feraient brûler, si on voulait s'en servir pour troubler l'État »

 5   Somme toute, en somme, et même, simplement, somme, loc. adv. et fig. Enfin, en résumé, pour conclusion.
LA FONT.: « Ce qui lui fit conclure en somme Qu'il avait à grand tort son village quitté »
LA FONT.: « Somme, qu'enfin il ne lui manquait rien »
J. J. ROUSS.: « Somme toute, avec de belles paroles, il refuse l'épreuve proposée ? »

REMARQUE
    ' Puisque l'on ne veut plus recevoir en somme, on recevra moins somme pour en somme, dont nos meilleurs écrivains se servaient il n'y a pas longtemps, et beaucoup moins encore somme toute, ' VAUGEL. Rem. t. I, p. 52. Cette décision de Vaugelas et des puristes n'a pas été consacrée par l'usage.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
VILLEH.: « La somme de leur conseil fu tiex [telle], que se Johannis li Blas venoit seur els, qu'il istroient fors »
     la Rose, 1504: Ce est la somme de la chose [de l'histoire]
     ib. 11398: Mes [mais] povres fames, povres hommes, Qui de deniers n'ont pas grans sommes....
BEAUMANOIR: « Et quant toutes les parties sunt dites et somme fete, après doit estre fete la somme des despenses »
RUTEB.: « En cort terme [il] set bien la somme De son avoir.... »
    XIVème siècle
ORESME: « Ainsi appert [apparaît] en somme la sentence de ces deux chapitres »
    XVIème siècle
AMYOT: « Il feit condemner Meneclides en une somme de deniers pour l'amende »
MONT.: « La raison doibt tendre en somme à nous faire bien vivre »
MONT.: « Somme, il feut certain que.... »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. somma, suma, summa ; somme, comble, sommet ; espagn. suma ; ital. summa ; du lat. summa, de l'adj. summus, le plus haut (voy. SOMMET), pris substantivement au féminin.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 1. SOMME. Ajoutez :

 6   La somme des sommes, le point le plus essentiel.
MALH.: « La modestie est aussi requise au langage d'un homme d'honneur comme en son allure ; la somme des sommes, c'est que je veux que tu sois lent à parler »


2ème définition d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Charge d'un cheval, d'un âne, d'un mulet. Somme de blé.
    Bête de somme, bête propre à porter des fardeaux.
LA FONT.: « Le Sort, de sa plainte touché, Lui [à l'âne] donne un autre maître, et l'animal de somme Passe du jardinier aux mains d'un corroyeur »
    Familièrement, être la bête de somme de tout le monde, être chargé de toutes les corvées.

 2   Se dit, chez les cloutiers, de 12 milliers de clous.
    Somme de verre, se disait d'un certain nombre de morceaux de verre faisant de 90 à 95 pieds carrés de vitrage.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
BRUN. LATINI: « Li grant chameau sont bon pour porter grandismes somes »
     Liv. des mét. 209: Nus seliers ne doit fere soume ne sele garnie de cordouan ne de bazane noire, se li cuiriens n'en est conréez bien et soufisanment
    XVème siècle
FROISS.: « Et renvoyerent leurs garçons, leurs harnois, sommes, malles et habits par mer »
    XVIème siècle
J. MAROT: « Nostre mere es, et nous tes enfants sommes, Prestz de porter de la guerre les sommes »
RONS.: « Le vrai thresor est le contentement, Non les grands biens, lourde et fascheuse somme »
COTGRAVE: « Servir à sac et à somme »

ÉTYMOLOGIE
    Environs de Paris, sôme ; génev. saume, ânesse ; provenç. sauma ; espagn. salma ; ital. soma ; du bas-lat. salma, qui vient du lat. sagma, qui est le grec selle, bât, charge. La vraie prononciation conservée encore dans quelques campagnes est sôme ; ici comme en bien d'autres mots il s'est fait un vicieux travail d'assimilation, et la prononciation a confondu sôme avec somme.


3ème définition d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Synonyme de sommeil.
LA FONT.: « À la fin le pauvre homme S'en courut chez celui qu'il ne réveillait plus : Rendez-moi, lui dit-il, mes chansons et mon somme, Et reprenez vos cent écus »
LA FONT.: « Je ne dormirai point sous de riches lambris ; Mais voit-on que le somme en perde de son prix ? »
LA FONT.: « Belle nécessité d'interrompre mon somme ! »
P. L. COUR.: « Le laboureur, l'artisan, qui chaque soir prend somme et répare la nuit les fatigues du jour »
    Avec personnification.
LA FONT.: « Ces pavots qu'ici-bas pour leur suc on renomme, Tout fraîchement cueillis dans les jardins du Somme »

 2   Particulièrement. Moment assez court que l'on donne au sommeil soit le jour soit la nuit.
LA FONT.: « Sous un chêne aussitôt il va prendre son somme »
LA FONT.: « La nuit revient, et l'une et l'autre était Au premier somme... »
BOURSAULT: « Il faut donc en ce lieu que j'attende le jour, Et que dessus ce lit je fasse un petit somme »
BOIL.: « C'est là que le prélat, muni d'un déjeuner, Dormant d'un léger somme, attendait le dîner »
RAC.: « Certes je n'ai jamais dormi d'un si bon somme »
    D'un somme, sans que le somme soit interrompu.
VOLT.: « La Fable imagina qu'un Épiménide avait dormi d'un somme pendant vingt-sept ans, et qu'à son réveil il fut tout étonné de trouver ses petits enfants mariés qui lui demandaient son nom »
    Familièrement. Il a fait la nuit tout d'un somme, il a dormi toute la nuit sans se réveiller.
    On dit dans le même sens : Il n'a fait qu'un somme toute la nuit.
VOLT.: « Il [Amazan] lui expliqua le système qui fut, après tant de siècles, celui de Pythagore, de Porphyre, de Jamblique ; sur quoi, milord s'endormit, et ne fit qu'un somme, jusqu'à ce qu'on fût arrivé à sa maison »
IMBERT: « Frontin : Je ne pouvais dormir ; Oh ! maintenant la nuit je ne fais plus qu'un somme »

 3   Haut somme, nom que l'on donne quelquefois par euphémisme à l'apoplexie.

REMARQUE
    1.
VAUGEL.: « Les premiers qui se sont servis de somme sont Ronsard et Belleau... ces deux auteurs disaient somne quand ils voulaient parler de l'action de dormir, et somme quand ils voulaient signifier le dieu du sommeil Cela n'est pas exact ; dès le XIIIe siècle on a dit some ou soume. »
    2.
VAUGEL.: « Je dors d'un bon somme est bien mieux dit que d'un bon sommeil, qui néanmoins ne serait pas mauvais ; il est vrai que l'usage de sommeil a plus d'étendue, et qu'on le dit en beaucoup de lieux où il ne faudrait pas dire somme, par exemple quand on dit : accablé de sommeil, et non de somme »

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Job, p. 479: Quant li songes suet [a coutume] les homes porpenre
    XIIIème siècle
     Chr. de Rains, p. 139: Et la nuit dou premier soume issirent dou castiel et vinrent as loges des garnisons....
    XVIème siècle
DU BELLAY: « ....en noz yeux il [Mercure] envoye Ores le somme, et ores le reveil, Ores les clost d'un eternel sommeil »
AMYOT: « Et eux la nuict, environ le premier somme, se partirent de Thebes »

ÉTYMOLOGIE
    Saintong. songhe ; poitev. faire un songe ; prov. som, son ; cat. son ; esp. sueño ; portug. somno, sono ; ital. sonno ; du lat. somnus ; de même radical que le grec, le sanscrit svapna, le gaélique suain, sommeil, et le vieux norrois svefn.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 3. SOMME. - REM. Ajoutez :
    3. Malherbe a dit : Sommeil est désir de dormir, et somme est le dormir même, Lexique, éd. L. Lalanne. Cette distinction que Malherbe veut établir n'est point ratifiée par l'usage ; en lisant attentivement les divers exemples rapportés à somme et à sommeil il ne paraît pas que les auteurs aient admis une différence sensible entre les deux. Mais le fait est que sommeil a quelquefois le sens d'envie de dormir, sens que somme n'a jamais (voy. SOMMEIL, n° 2).


4ème définition d'Emile Littré

Subst. féminin 


Terme de marine. Banc de gravier, de sable, ou de vase, situé au dehors d'un port ou de l'embouchure d'un fleuve.


5ème définition d'Emile Littré

Subst. féminin 


Synonyme de jonque.
LAPÉROUSE: « Sommes ou champans »


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Une quantité d'argent. "Petite somme. Grosse somme. La somme de trois mille francs, etc. Ces trois sommes jointes ensemble font la somme de... On lui donna une somme d'argent pour faire son voyage. Je lui ai fourni la somme qui lui manquait. Cette maison, cette terre lui a coûté des sommes immenses. Son mémoire se montait à une somme exorbitante."
"Somme totale," La quantité qui résulte de plusieurs sommes jointes ensemble. "La somme totale est de"... On dit aussi adverbialement, "Somme totale," En réunissant toutes les sommes. "Somme totale, il en coûte tant."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie également, en Mathématiques, La quantité qui résulte de plusieurs quantités jointes ensemble. "La somme des unités, des dizaines, des centaines, etc. La somme des termes d'une équation," L'assemblage de tous les termes d'une équation.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie quelquefois figurément. "Cela ne peut qu'ajouter à la somme de nos maux. L'habitude des privations diminue la somme de nos besoins, de nos malheurs."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



est aussi Le titre de quelques ouvrages, de certains livres qui traitent en abrégé de toutes les parties d'une science, d'une doctrine, etc. "La Somme de saint Thomas."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Charge, fardeau que peut porter un cheval, un mulet, un âne, etc. "Somme de blé. Somme de vendange. Bête de somme. Cheval de somme."



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Repos causé par l'assoupissement naturel de tous les sens: il ne se dit guère qu'en parlant De l'homme. "Un long somme. Un bon somme. Un léger somme. Dormir d'un profond somme. Je ne dormirai pas de bon somme, avant d'être venu à bout de cette affaire. À son premier somme. Faire un somme, un petit somme."
Fam., "Il a fait la nuit tout d'un somme," Il a dormi toute la nuit d'un sommeil non interrompu. On dit dans le même sens, "Il n'a fait qu'un somme toute la nuit."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Charge, fardeau que peut porter un cheval, un mulet, un âne, etc. "Somme de blé. Somme de vendange. Bête de somme. Cheval de somme".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Une quantité d'argent. "Petite somme. Grosse somme. La somme de trois mille livres, etc. Ces trois sommes jointes ensemble font la somme de ... On lui donna une somme d'argent pour faire son voyage. Cette maison, cette terre lui a coûté des sommes immenses. Son mémoire se montoit à une somme exorbitante".
On appelle "Somme totale," La quantité qui résulte de plusieurs sommes jointes ensemble. On dit quelquefois, "Somme toute". On dit aussi quelquefois "Somme totale," De la somme de plusieurs quantités. "Somme totale, il en coûte tant". Il se dit alors adverbialement.
On dit adverbialement, proverbialement et figurément, "Somme toute," pour dire, Enfin, pour conclusion. "Somme toute, ce n'est pas un homme à qui vous deviez vous fier. Somme toute, qu'en sera-t-il? Hé bien, somme toute, qu'est-il arrivé?" On dit aussi, "En somme," dans le même sens. "En somme, c'est un fort bon ami".



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Somme, se dit De quelques ouvrages, de quelques livres qui traitent en abrégé de toutes les parties d'une science, d'une doctrine, etc. "La somme de Saint Thomas".



4ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Repos de l'animal, causé par l'assoupissement naturel de tous les sens. Il ne se dit guère qu'en parlant De l'homme, et il est familier. "Un long somme. Un bon somme. Un léger somme. Je ne dormirai jamais de bon somme, que je ne sois venu à bout de cette affaire. À son premier somme. Il fait un somme".
On dit familièrement, "Il a fait la nuit tout d'un somme," pour dire, Il a dormi toute la nuit d'un sommeil non interrompu. On dit dans le même sens, "Il n'a fait qu'un somme toute la nuit".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Charge, fardeau que peut porter un cheval, un mulet, un âne, &c. "Somme de blé. Somme de vendange. Bête de somme. Cheval de somme."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Une quantité d'argent. "Petite somme. Grosse somme. La somme de trois mille livres, &c. Ces trois sommes jointes ensemble font la somme de..."
On appelle "Somme totale," ou simplement "Somme," La grandeur qui résulte de plusieurs autres jointes ensemble. On dit aussi quelquefois, "Somme toute."
On dit adverbialement, proverbialement & figurément, "Somme toute," pour dire, Enfin, pour conclusion. "Somme toute, ce n'est pas un homme en qui vous deviez vous fier. Somme toute, qu'en sera-t-il? Hé bien, somme toute, qu'est-il arrivé?" On dit aussi, "En somme," dans le même sens. "En somme, c'est un fort bon garçon."



3ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit De quelques ouvrages, de quelques livres qui traitent en abrégé de toutes les parties d'une science, d'une doctrine, &c. "La somme de saint Thomas."



4ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Repos de l'animal, causé par l'assoupissement naturel de tous les sens. Il ne se dit guère qu'en parlant De l'homme. "Un long somme. Un bon somme. Un léger somme. Je ne dormirai jamais de bon somme, que je ne sois venu à bout de cette affaire. À son premier somme."
On dit familièrement, "Il a fait la nuit tout d'un somme," pour dire, Il a dormi toute la nuit d'un sommeil non interrompu.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

["Some:" 2e "e" muet.] Il est fém. 1°. Quand il signifie, "charge", "fardeau", que peuvent porter les animaux, qu'on apèle pour cela "bêtes de somme", tels que cheval, mulet, âne, "etc." '"Somme de" blé, "de" vendange; cheval "de somme".
- 2°. Une certaine quantité d'argent. 'Grosse ou petite "somme". 'J'ai reçu "la somme de" tant. = "Somme" ou "somme totale", est la grandeur qui résulte de plusieurs sommes jointes ensemble. = On dit plus familièrement, "somme toute"; ce qui se dit même quand il n'est pas question d'argent, dans le sens "d'enfin". Ainsi, aprês avoir déduit plusieurs raisons, on finit par dire: "somme toute", cette afaire est bone ou mauvaise, de quelque côté qu'on l'envisage.
   "Somme toute", elle l'a prié jusques aux larmes,
   De bannir de ses yeux l'objet de ses alarmes.
       "Le Flateur".
On le disait autrefois, mais on ne le dit plus guère. "Marin". = On dit, "en somme", dans le même sens et dans le même style.
   Je n'outre rien, tel est "en somme",
   La demeure où je vis en paix.
       "Gresset".

- 3°. "Somme" se dit de quelques ouvrages Théologiques, abrégés d'un plus grand. 'La "Somme de" St. Thomas, "etc."
   SOMME est masc. quand il signifie "sommeil": '"Un" bon "somme": "à" mon premier "somme"; j'ai dormi "de" bon "somme".
   "J'ai dormi d'un bon somme", et me voilà remis:
   Prêt à recomencer.
       DEST. "Le Dissipateur".
= Il n'est que du style fam. 'Ulisse se réveilla "de son somme", dit Mde. "Dacier", dans sa Traduction de l'Odyssée, farcie d'expressions triviales et proverbiales.
   REM. 1°. "Somme" signifie toujours le dormir, ou l'espace du tems qu'on dort: il a dormi "un" bon "somme".
   Certes, je n'"ai" jamais "dormi d'un si bon somme".
       "Les Plaideurs".
"Someil" se prend quelquefois pour l'envie de dormir. Je suis acablé de "someil". On ne dirait pas "de somme;" comme on ne pourrait pas dire":" j'ai dormi "un" bon "sommeil". L. T. = On dit familièrement: "Faire la nuit tout d'un somme". Cette expression est assez bizarre; mais elle est reçue. = "Somme" (d'argent) est à la mode, au figuré. '"La somme des" plaisirs; "la somme des" malheurs, etc. 'Le talent d'ajouter à "la somme des" lumières de l'Antiquité les conoissances de son siècle. "Anon."
- Il parait qu'il y a encôre de la prétention et de l'afèterie à se servir de cette expression, et surtout à l'employer trop souvent.




Emplacement dans le dictionnaire :

sombrement
sombrer
sombrero
sommager
sommail
sommaire
sommairement
sommation
sommé
somme
sommeil
sommeiller
sommelerie
sommelier
sommer
sommet
sommier
sommité
somnambule
somnambulisme
somnifere




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...pas changer ni cesser d'être. - je ne trouve pas d'autre explication à cette sorte de sentiment presque fétichiste. Et quand je songe pourtant, mon dieu, que ces pierres-là sont quelconques, en somme, et sortent je ne sais d'où ; qu'elles ont été assemblées, comme celles de n'importe quel mur, par les premiers ouvriers venus, un siècle peut-être avant qu'il fût question de ma naissance, -alors...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...aussi qu'on ne m'ait pas défigurée avec des usines, des bassins ou des gares. Elle est absolument à moi, sans que personne s'en doute, ni ne songe par conséquent à m'en contester la propriété. La somme de charme que le monde extérieur nous fait l'effet d'avoir, réside en nous-mêmes, émane de nous-mêmes ; c'est nous qui la répandons -pour nous seuls, bien entendu, -et elle ne fait que nous revenir....


Citation n°3 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...nous qui la répandons -pour nous seuls, bien entendu, -et elle ne fait que nous revenir. Mais je n'ai pas cru assez tôt à cette vérité pourtant bien connue. Pendant mes premières années toute cette somme de charme était donc localisée dans les vieux murs ou les chèvrefeuilles de ma cour, dans nos sables de l'île, dans nos plaines d'herbages ou de pierres. Plus tard, en éparpillant cela partout, je...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...patient et doux que j'étais. Et cependant, il serait inexact de dire que j'aie été tout à fait un mauvais élève ; inégal plutôt, à surprises ; un jour premier, dernier le lendemain, mais restant en somme dans une moyenne acceptable, avec toujours, à la fin de l'année, les prix de version. Rien que ceux-là, par exemple, -et je m'étonnais que tout le monde ne les eût pas, tant cela me semblait facile....


Citation n°5 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...de la nature, de mes méditations devant les fossiles venus des montagnes ou des falaises et entassés dans mon musée, naissait déjà, au fin fond de moi-même, un vague panthéisme inconscient. En somme, ma foi, encore très enracinée, très vivante, était couverte à présent d'un voile de sommeil, qui la laissait capable de se réveiller à certaines heures, mais qui, en temps ordinaire, en annulait...


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