Succéder (verbe)
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Venir après, prendre la place de. "La nuit succède au jour. Les saisons se succèdent les unes aux autres. Les événements s'étaient succédé avec rapidité."
"Succéder à quelqu'un," Posséder après lui une charge, un emploi, une dignité, etc. "Un tel a succédé à un tel dans son emploi. Louis XIII succéda à Henri IV."
"Succéder à un royaume, succéder à l'empire, succéder à la couronne," Parvenir à la dignité royale, à l'empire, à la couronne, après un autre.
SUCCÉDER signifie aussi Recueillir l'héritage d'une personne par droit de parenté. "Les enfants succèdent au père. Il lui a succédé dans tous ses biens."
Il signifie encore Réussir, avoir une heureuse issue. "Tout succède à ses voeux."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Au sens latin et propre, aller sous, entrer dans.
PASC.: « Tous les corps contigus résistant à l'effort qu'on fait pour les séparer, quand l'air ne peut succéder entre deux »
ID.: « Si on met le bout d'un soufflet dans l'eau en l'ouvrant promptement, l'eau y monte pour le remplir, parce que l'air n'y peut succéder »
2 Par extension, venir après, prendre la place de.
BOSSUET: « Les psaumes avaient succédé aux cantiques des joies du siècle »
BOILEAU: « La colère à l'instant succédant à la crainte »
RAC.: « L'inimitié succède à l'amitié trahie »
FONTEN.: « Le plus souvent ce n'est point par hasard qu'un goût succède à un autre ; il y a ordinairement une liaison nécessaire, mais cachée »
VOLT.: « La plus affreuse nuit succède au plus beau jour »
VOLT.: « On dit qu'aujourd'hui la jeunesse A fait à la délicatesse Succéder la grossièreté »
CONDIL.: « La sagesse d'un règne ne sert jamais de leçon au règne qui lui succède »
Se succéder, venir l'un après l'autre. Les révolutions qui se sont succédé en France.
PASC.: « Ainsi vont les opinions se succédant du pour au contre, selon qu'on a de lumière »
LA BRUY.: « Un homme inégal n'est pas un seul homme, ce sont plusieurs ; il se multiplie autant de fois qu'il a de nouveaux goûts et de manières différentes ; il est à chaque moment ce qu'il n'était point, et il va être bientôt ce qu'il n'a jamais été ; il se succède à lui-même »
J. J. ROUSS.: « Nos idées sont trop vives pour se succéder ; elles se présentent toutes ensemble ; elles se nuisent mutuellement »
3 Succéder à quelqu'un, posséder après lui une charge, une dignité, etc.
PASC.: « Le plus grand des maux est les guerres civiles.... le mal à craindre d'un sot qui succède par droit de naissance n'est ni si grand, ni si sûr »
BOSSUET: « Son frère Jonathas succède à sa charge »
LA BRUY.: « Il fut ami de Cassandre, qui avait succédé à Aridée, frère d'Alexandre le Grand, au royaume de Macédoine »
ROLLIN: « Les rois dont il est parlé dans les différentes dynasties [de l'Égypte] ne se sont pas tous succédé les uns aux autres ; mais plusieurs ont régné en même temps dans des contrées différentes »
MONTESQ.: « Il fut réglé dans quelques dynasties de la Chine, que les frères de l'empereur lui succéderaient, et que ses enfants ne lui succéderaient pas »
D'ALEMB.: « Ce sera l'abbé de Condillac qui succédera à l'abbé d'Olivet [dans l'Académie française] ; je crois que nous n'aurons point à nous plaindre de l'échange »
DUCIS: « Il est des grands hommes à qui l'on succède, et que personne ne remplace »
Succéder à un royaume à l'empire, à la couronne, parvenir après un autre à la dignité royale, à l'empire, à la couronne.
MONTESQ.: « Les femmes ne succédèrent ni à la couronne de France, ni à l'empire, parce que, dans l'établissement de ces deux monarchies, les femmes ne pouvaient succéder aux fiefs »
Impersonnellement.
PASC.: « Et il succédera à sa place un homme méprisable et indigne des honneurs de la royauté »
Succéder auprès d'une femme à un amant antérieur.
V. HUGO: « Donc vous me succédez ? [auprès de Marion Delorme]. - Un peu, sur ma parole, Comme le roi Louis succède à Pharamond »
4 Succéder à quelqu'un, le remplacer en capacité, en talent, etc.
CORN.: « Si le grand Annibal n'avait qui lui succède »
Succéder au crédit, à la faveur, aux honneurs de quelqu'un, obtenir le même crédit, la même faveur, les mêmes honneurs.
Succéder au zèle de quelqu'un, déployer le même zèle.
MASS.: « Voyez si.... succédant au zèle et au ministère des apôtres, ils [les ministres animés de l'esprit de Dieu] n'ont pas succédé aussi à leurs tribulations et à leurs opprobres »
5 Recueillir l'héritage d'une personne par droit de parenté.
FLÉCH.: « Il sortait d'une famille.... où les enfants aiment mieux succéder à la probité qu'à la fortune de leurs pères »
RAC.: « Madame, c'est un fils qui succède à son père »
FLEURY: « Pour les filles, comme elles ne succédaient qu'au défaut des mâles, on les mariait plus pour l'alliance que pour les biens »
MONTESQ.: « Chez les premiers Romains, les femmes succédaient lorsque cela s'accordait avec la loi de la division des terres ; et elles ne succédaient point lorsque cela pouvait la choquer »
Être habile à succéder, être capable de succéder, être propre à succéder.
REGNARD: « Soixante mille écus d'argent sec et liquide Ont mis notre fortune en un vol bien rapide.... Mon maître est diablement habile à succéder »
Fig. Il est habile à succéder, se dit d'un homme ardent au gain, prompt à s'emparer du bien d'autrui.
6 Arriver, advenir, sans idée accessoire de bonheur ou de malheur, avec quelque adverbe ou locution adverbiale qui détermine le sens.
MALH.: « C'est en la paix que toutes choses Succèdent selon nos désirs »
MALH.: « De quelque manière que notre libéralité nous succède, ne nous lassons point de la continuer »
MALH.: « Vous répliquez que, si vos voeux eussent succédé à le mettre en peine, ils eussent aussi succédé à l'en tirer »
CORN.: « Et que notre artifice ait si mal succédé.... »
CORN.: « Notre malheur est grand ; mais, quoi qu'il en succède, La mort qu'on me refuse en sera le remède »
MOL.: « Quelque chose de bon nous pourra succéder »
PASC.: « Il s'élèvera un roi insolent et fort auquel toutes choses succéderont à son gré »
REGNARD: « Si ton dessein succède au gré de notre envie, Je veux te rendre heureux le reste de ta vie »
7 En un sens particulier, être favorable, réussir.
RETZ: « Il est si beau à l'homme du monde du courage le plus héroïque d'avoir péché par excès de douceur, que ce qui ne lui a pas succédé dans la politique doit être au moins admiré et exalté par tous les gens de bien dans la morale »
MOL.: « Ces maximes un temps leur peuvent succéder »
BOSSUET: « Tout lui succédait »
LA BRUY.: « Tout leur rit, tout leur succède »
Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
HISTORIQUE
XIVème siècle
Modus, dans le Dict. de DOCHEZ: Il n'eurent nuls enfans qui succedassent le royaume
XVIème siècle
RAB.: « Luy disant que la douleur seroit brieve ; et la joye, qui toust succederoyt, luy tolliroyt tout cest ennuy »
MONT.: « Experimente comment te succederont la douleur et.... »
MONT.: « Les aisnez succedent à tout le bien, et n'est reservé aulcune part au puisné »
AMYOT: « En la guerre, les ruses qui n'ont point esté practiquées, sont celles qui succedent le mieulx »
AMYOT: « Et lui estant ceste besongne succedée selon son esperance, il feit donner un assault general à la muraille »
AMYOT: « La loy exempte et dispense de ceste subjection les enfans qui doivent succeder à la royauté »
ÉTYMOLOGIE
Provenç. succedir, succezir ; cat. suceir ; espagn. suceder ; ital. succedere ; du lat. succedere, de sub, sous, et cedere, aller (voy. CÉDER).
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
qui s'emploie avec la préposition "à." Venir après, prendre la place de. "La nuit succède au jour. Le jour succède à la nuit. Le jour et la nuit se succèdent l'un à l'autre, succèdent l'un à l'autre. Les saisons succèdent, se succèdent les unes aux autres. L'ennui succède souvent aux plaisirs bruyants. Les événements se succèdent, s'étaient succédé avec rapidité. Les générations d'hommes, d'animaux, de plantes, se succèdent sans interruption."
"Succéder à quelqu'un," Posséder après lui une charge, un emploi, une dignité, etc. "Un tel a succédé à un tel dans son emploi. Il lui a succédé dans la charge de chancelier, de premier président. Ils se sont succédé de père en fils dans cette charge."
"Succéder à un royaume, succéder à l'empire, succéder à la couronne," Parvenir à la dignité royale, à l'empire, à la couronne, après un autre. On dit à peu près dans le même sens, "Succéder au crédit, à la faveur, aux honneurs de quelqu'un."
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie aussi, Recueillir l'héritage d'une personne par droit de parenté. "Les enfants succèdent au père. Succéder ab intestat. Il lui a succédé dans tous ses biens."
"Être habile à succéder," Être capable de succéder, être propre à succéder.
Fig. et fam., "Être habile à succéder," Être vif et alerte pour ses intérêts.
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie aussi, Réussir, avoir une heureuse issue. "Tout ce qu'il entreprend lui succède. Tout lui succède à souhait. Tout succède à ses voeux."
1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Verbe neutre qui s'emploie avec la préposition "à". (On prononce les deux C, le premier comme K, le second comme S, et de même dans les dérivés.) Venir après, prendre la place de.... "La nuit succède au jour. Le jour succède à la nuit. Le jour et la nuit se succèdent l'un à l'autre, succèdent l'un à l'autre, Les saisons succèdent, se succèdent les unes aux autres".
On dit aussi, "Succéder à quelqu'un," pour dire, Posséder après lui une Charge, un Emploi, une Dignité, un Bénéfice. "Un tel a succédé à un tel dans son Emploi. Il lui a succédé dans la Charge de Chancelier, de Premier Président".
On dit, "Succéder à un Royaume, succéder à l'Empire, succéder à la Couronne," pour dire, Parvenir à la dignité royale, à l'Empire, à la Couronne, après un autre.
On dit aussi, "Succéder," pour dire, Recueillir l'hérédité d'une personne par droit de parenté. "Les enfans succèdent au père. Succéder ab intestat. Il lui a succédé en tous ses biens". En ce sens on dit, "Être habile à succéder," pour dire, Être capable de succéder, être propre à succéder.
On dit figurément et familièrement d'Un homme vif et alerte pour ses intérêts, qu'"Il est habile à succéder".
2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Succéder, signifie aussi Réussir. "Tout ce qu'il entreprend lui succède. Tout lui succède à souhait". Il ne se dit que Des choses.
1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
qui s'emploie avec la préposition "à." (On prononce les deux C, le premier comme K, le second comme S, & de même dans les dérivés.) Venir après, prendre la place de... "La nuit succède au jour. Le jour succède à la nuit. Le jour & la nuit se succèdent l'un à l'autre, succèdent l'un à l'autre. Les saisons succèdent, se succèdent les unes aux autres."
On dit aussi, "Succéder à quelqu'un," pour dire, Posséder après lui une Charge, un Emploi, une Dignité, un Bénéfice. "Un tel a succédé à un tel dans son Emploi. Il lui a succédé dans la Charge de Chancelier, de Premier Président."
On dit, "Succéder à un Royaume, succéder à l'Empire, succéder à la Couronne," pour dire, Parvenir à un Royaume, parvenir à l'Empire, à la Couronne, après un autre.
On dit aussi, "Succéder," pour dire, Recueillir l'hérédité d'une personne par droit de parenté. "Les enfans succèdent au père. Succéder ab intestat. Il lui a succédé en tous ses biens. Être habile à succéder. Être capable de succéder."
On dit figurément & familièrement d'Un homme vif & alerte pour ses intérêts, qu'"Il est habile à succéder."
2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
signifie aussi Réussir. "Tout ce" "qu'il entreprend lui succède. Tout lui succède à souhait."
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
["Suk-cédé": 2e et 3e "é" fermé.] 1°. Prendre la place de: il régit le datif. 'La nuit "succède au" jour, et le jour "à" la nuit.
De nouveaux énemis "succèdent"
" À~" mes énemis terrassés.
"Rousseau".
'Le moment, qui satisfait l'ambition, est bien doux; mais ce n'est qu'un moment. Une ambition "succède à" une autre; c' est toujours à recomencer. L'Ab. "Trublet". Il "lui succéda" dans son emploi. '"Succéder à" un Royaume, "à" l'Empire, "à" la Courone; y parvenir aprês un aûtre.
- 2°. Recueuillir l'hérédité d'une persone par droit de parenté. 'Il "lui a succédé" en tous ses biens. Et sans régime: être habile à "succéder"; capable de "succéder".
- 3°. Réussir.
C'est en la paix que toutes choses
"Succèdent" selon nos desirs.
"Malherbe".
Mais ce foible secours ne "lui succède" pas"?"
"Brebeuf".
"Th. Corneille" conseillait de s'en servir rârement dans cette signification. L'usage a prouvé que ce conseil était bon. L'"Acad." le met pourtant sans remarque: tout "lui succède à" souhait.
REM. "Succéder" dans le premier sens m'a point de "passif", puisqu'il est "neutre". Quelques Auteurs lui en ont doné un: je ne citerai que le P. "Le Chapelain:" 'Quelle espèce de profession pourroit se soutenir, si les hommes habiles, qui en font l'honneur, "n'étoient succédés" sans cesse "par" de jeunes élèves.
- Il devait dire, "n' étoient" sans cesse "remplacés par", etc. = Dans le dernier sens, il prend pour auxiliaire le v. "avoir", et non pas le v. "être". 'Cette afaire "lui a" bien "succédé;" et non pas, "lui est" bien "succédée". VAUG.
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