Tolérer (verbe)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Supporter. "Son estomac ne tolère pas les crudités."
Il signifie encore Ne pas réprimer certains abus, supporter chez autrui ce que l'on n'approuve pas. "Il y a des pays où l'on autorise l'exercice de tous les cultes et d'autres où l'on ne fait que le . Il tolérait leurs injustices. Je ne puis que cet homme s'arroge un tel droit. Il faut les défauts de son prochain."
Il se dit dans un sens analogue en parlant des Personnes. "Tolérer quelqu'un. Ces deux partis, ne pouvant s'entendre, doivent du moins se ."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Avoir de l'indulgence pour des choses qui ne sont pas bien, ou que l'on ne croit pas bien. Je ne puis tolérer que cela se passe ainsi.
VAUBAN: « L'usage des billets de la première sorte ne peut être toléré qu'entre marchands et pour fait de marchandises seulement »
BOSSUET: « On lui tolère [à Jurieu] de dire qu'on se peut sauver dans une communion socinienne »
LA BRUY.: « L'on tolère quelquefois dans un État un assez grand mal, mais qui détourne un million de petits maux ou d'inconvénients qui tous seraient inévitables et irrémédiables »
VOLT.: « Vous savez que vous m'avez permis d'aimer monsieur votre fils et que je l'adore. - Moi, mademoiselle ! je ne vous ai point permis ce petit commerce, je l'ai toléré »
VOLT.: « Il n'y a de véritable gloire que pour les artistes qui atteignent la perfection ; le reste n'est que toléré »
DUCLOS: « Une des premières vertus sociales est de tolérer dans les autres ce qu'on doit s'interdire à soi-même »
CONDIL.: « L'algèbre ne tolère pas, comme les autres langues, des discours inutiles »
    On le dit aussi en parlant des personnes. Tolérer quelqu'un.

 2   Exercer la tolérance religieuse.
BOSSUET: « Plusieurs de ses domestiques avaient été malheureusement nourris dans l'erreur [le protestantisme] que la France tolérait alors »

 3   En termes de médecine, avoir de la tolérance pour un médicament. Le tartre stibié ne fut pas toléré.

 4   Se tolérer, v. réfl. Avoir de la tolérance les uns pour les autres.
JURIEU: « Que l'on ne doit pas condamner les gens sur des expressions dures, quand les sentiments dans le fond sont innocents, et qu'on doit se tolérer dans ces expressions »
BAYLE: « Je vous prie de me faire savoir.... s'il [l'évêque de Salisbury] a déclaré que les difficultés [entre calvinistes et arméniens] sont si grandes, que l'on ne peut raisonnablement condamner aucun des deux partis, mais qu'ils doivent se tolérer réciproquement »
MONTESQ.: « Lorsque les lois d'un État ont cru devoir souffrir plusieurs religions, il faut qu'elles les obligent à se tolérer entre elles »
VOLT.: « Nous devons nous tolérer mutuellement, parce que nous sommes tous faibles, inconséquents, sujets à la mutabilité, à l'erreur »

SYNONYME
    TOLÉRER, SOUFFRIR. On tolère les choses lorsque, les connaissant et ayant le pouvoir en main, on ne les empêche pas ; on les souffre lorsqu'on ne s'y oppose pas, faisant semblant de les ignorer, ou ne pouvant les empêcher. Dans tolérer il y a un fonds d'indulgence ; dans souffrir il y a un fonds de patience.

HISTORIQUE
    XIVème siècle
     Ménagier, I, 9: Elle admonestoit son mary à tolerer et dissimuler son injure
    XVIème siècle
CALV.: « Nous avons prins la principale raison de bien tolerer la croix, de la consideration de la volonté de Dieu »
PARÉ: « Jusques à ce que l'oeil puisse bien tolerer la clarté sans douleur »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. tollerar ; espagn. tolerar ; du latin tolerare, radical tol, qui est dans tollere, prendre et qui se trouve dans le grec, supporter, le goth. thulan, supporter, sanscr. tul, prendre, enlever, tulâ, balance ; comparez TALENT.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Supporter, avoir de l'indulgence pour des abus; supporter des choses qui d'elles-mêmes ne sont pas bien, ou que l'on croit n'être pas bien. "On tolère toutes sortes de religions dans ce pays-là. Il y a des lieux où l'on autorise l'exercice du judaïsme, et d'autres où l'on ne fait que le . Il tolérait leurs injustices. Je ne puis que cet homme s'arroge un tel droit. Il y a des abus qu'on ne doit jamais . Il faut les défauts de son prochain." On dit quelquefois dans un sens analogue, "Tolérer quelqu'un."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Supporter, avoir de l'indulgence pour des abus, supporter des choses qui d'elles - mêmes ne sont pas bien. "On tolère toutes sortes de Religions ence Pays-là. Il y a des lieux où l'on permet l'exercice du Judaïsme, et d'autres où l'on ne fait que le . Dieu tolère les impies pour un temps. Il y a des abus qu'on ne doit jamais . Il faut les défauts de son prochain. Tolérer quelqu'un".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Supporter, avoir de l'indulgence pour des abus, supporter des choses qui d'elles-mêmes ne sont pas bien. "On tolère toutes sortes de Religions en ce pays-là. Il y a des lieux où l'on permet l'exercice du Judaïsme, & d'autres où l'on ne fait que le . Dieu tolère les impies pour un temps. Il ne faut pas que les Princes tolèrent les mauvais Juges. Tolérer un abus. C'est une chose qu'on ne devroit pas . Il faut les défauts de son prochain. Tolérer quelqu'un."




Emplacement dans le dictionnaire :

tôle
tolérable
tolerable
tolerance
tolérance
tolérant
tolérantisme
toléré
tolerer
tolérer
tôlerie
tolet
tôlier
tolle
tollé
toluene
tom
tom-pouce
tomahawk
tomaison
tomate


Autres Recherches
Synonymes
Conjugaisons
Synonymes : cliquez ici
Conjugaison du verbe : cliquez ici


Accès direct à ptidico.com: cliquez ici...