Vouloir (verbe, nom masculin)


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

("Je veux, tu veux, il veut; nous voulons, vous voulez, ils veulent. Je voulais. Je voulus. Je voudrai. Je voudrais. Que je veuille, que tu veuilles, qu'il veuille; que nous voulions, que vous vouliez, qu'ils veuillent. Que je voulusse. Voulant. Voulu." L'impératif "Veux, voulons, voulez" n'est usité que dans certaines occasions très rares pour donner le conseil de s'armer d'une ferme volonté. Pour la forme "Veuillez," voyez plus bas.) Avoir l'intention, la volonté de faire quelque chose, s'y déterminer. "Il veut partir demain. Il veut faire ce voyage. Il n'en veut rien faire. Il le fera quand il voudra. Il veut être payé."
Il signifie particulièrement Avoir une volonté agissante, efficace. "Cet homme veut ce qu'il veut." Absolument, Il ne sait pas vouloir. Prov., "Vouloir, c'est pouvoir."
Prov., "Ce que femme veut, Dieu le veut," Les femmes veulent ardemment ce qu'elles veulent et elles viennent ordinairement à bout de l'obtenir.
VOULOIR signifie aussi Commander, exiger avec autorité. "Dieu le veut. Le roi veut que vous obéissiez. Voire père veut que vous alliez là. Faites ce que je veux. Il le veut."
"Dieu le veuille" se dit par forme de Souhait. Il se dit aussi pour marquer qu'on doute d'une chose, quoiqu'on la souhaite.
VOULOIR se dit, en ce sens, des Choses qui ont autorité sur l'homme. "La loi veut qu'on s'abstienne de telle chose. La raison veut qu'on prenne ce parti. La religion, la morale, l'humanité veut qu'on aide son semblable."
"Le malheur a voulu que.".., Il est arrivé par malheur que...
VOULOIR signifie encore Désirer, souhaiter. "On vous donnera tout ce que vous voudrez. Il aime l'argent, il en veut avoir à quelque prix que ce soit."
"Il ne sait ce qu'il veut" se dit d'un Homme irrésolu, qui ne sait pas prendre un parti.
"Je voudrais" se dit au lieu "de Je veux" pour exprimer modestement le Désir d'obtenir une chose. "Je voudrais vous entretenir en particulier." Il s'emploie dans certaines phrases pour exprimer une Sorte de défi. "Je voudrais bien voir qu'il osât l'entreprendre. Je voudrais bien voir cela."
"Faire de quelqu'un ce qu'on veut, tout et qu'on veut," Avoir un grand empire sur ses sentiments, sur ses actions.
"Je veux que vous sachiez" se dit au lieu de Sachez, apprenez, pour marquer une sorte d'autorité, comme de supérieur à inférieur.
"Que voulez-vous de moi?" Qu'attendez-vous, que réclamez-vous, que désirez-vous que je fasse?
"Vouloir d'une chose," La rechercher, l'accepter. "Il n'eût pas voulu d'un trône à ce prix. Je n'en veux à aucun prix."
Pop., "En veux-tu? en voilà," Abondamment, en grande quantité. "C'était un grand dîner, il y avait des truffes, en veux-tu? en voilà."
Fam., "À bouche que veux-tu," Avec profusion, en n'épargnant rien.
"Vouloir du bien, vouloir du mal à quelqu'un," Avoir de l'affection ou de la haine pour lui. "Il vous veut du bien, beaucoup de bien. Il ne vous veut point de bien. Il lui veut du mal, grand mal."
"Se vouloir mal de quelque chose," S'en faire des reproches. "Je me veux mal de ma faiblesse."
"En vouloir à quelqu'un," Avoir contre lui un sentiment de malveillance. "Je sais bien qu'il vous en veut. Les envieux, les jaloux de sa fortune lui en veulent. Il en veut à tout le monde. Je m'en veux d'avoir fait cela," J'en ai du regret, du repentir.
"En vouloir à la vie de quelqu'un," Avoir formé le projet de le tuer.
"En vouloir à une personne, à une chose" signifie aussi, familièrement, Avoir quelque prétention sur cette personne, sur cette chose, en avoir quelque désir. "Il en veut à cette fille. Il en veut à cette charge."
"À qui en voulez-vous?" Qui demandez-vous? qui cherchez-vous? Il signifie aussi Qui prétendez-vous attaquer, offenser? "À qui en voulez- vous par ce discours-là? C'est à vous que j'en veux."
"À qui en veut-il?" De qui se plaint-il? de qui lui vient son chagrin? "Il ne fait que gronder, à qui en veut-il?"
"Que veut dire cet homme"? Que prétend cet homme? que demande-t-il? que prétend-il me faire entendre?
"Que veut dire ce mot? que veut dire ce procédé?" Que signifie ce mot? que signifie ce procédé? "Que veut dire cette clause"? Cette clause ne signifie rien. "Que veulent dire ces vers?" On ne comprend pas le sens de ces vers.
"Que veut dire cela? que veut dire ceci?" s'emploie quelquefois pour marquer un Simple étonnement. "Qu'est-ce que cela veut dire?" s'emploie aussi pour exprimer un Sentiment mêlé d'improbation.
Fam., "Savoir ce que parler veut dire," Saisir l'allusion, comprendre à demi-mot.
VOULOIR signifie encore simplement Permettre, consentir. "Oui, je le veux bien. Si vous le voulez, il le voudra aussi."
Fam., "Je veux bien que cela soit, je veux que cela soit," Je suppose que cela soit, quoique je n'en convienne pas; ou Quand cela serait vrai... On dit dans un sens analogue : "Si vous le voulez; si l'on veut. Sa confiance ou, si l'on veut, son imprudence le perdit," Je suppose, j'admets que dans sa conduite il y eut autant d'imprudence que de confiance.
"Veuillez" s'emploie, par politesse, comme seconde personne du pluriel de l'impératif et signifie Ayez la bonté, la complaisance de. "Veuillez permettre que je me retire. Veuillez n'en rien dire à personne. Veuillez me faire le plaisir de..." Il s'emploie encore dans un sens d'exigence, de commandement exprimés poliment. "Veuillez vous retirer. Veuillez vous taire."
"Voulez-vous bien" s'emploie aussi comme formule impérative. "Voulez-vous bien vous faire, voulez-vous bien finir!" Taisez-vous, finissez.
VOULOIR signifie encore Prétendre, affirmer avec une grande insistance. "On veut absolument que vous ayez tenu tel langage, que vous soyez de tel parti."
Il signifie aussi Demander un prix d'une chose qu'on veut vendre. "Il veut cent mille francs de sa terre. Combien voulez-vous, que voulez-vous de ce cheval?"
Il signifie encore Être d'un caractère ou d'une nature à demander, à exiger telle chose ou telle autre. "Cette affaire veut être conduite avec ménagement. Cette plante veut un terrain humide. Cela veut du temps."
En parlant des Choses inanimées, il se dit également dans le sens de Pouvoir. "Cette machine ne veut pas marcher. Ce bois ne veut pas brûler."
Le VOULU s'emploie adjectivement. "Les formalités voulues. Arriver au résultat voulu." En termes de Beaux-Arts et de Littérature, "Un effet voulu. Une répétition voulue."



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Volonté, faculté, action de vouloir. "Il en a le pouvoir et le vouloir. Je n'ai point d'autre vouloir que le vôtre. L'apôtre dit que c'est Dieu qui nous donne le vouloir et le faire."
"Bon vouloir, mauvais vouloir," Disposition favorable, défavorable. "Il n'a pu montrer qu'un bon vouloir inutile. Son mauvais vouloir contre vous a paru clairement dans cette occasion."



1ère définition d'Emile Littré




 1   Être en volonté de.
MALH.: « Vouloir ce que Dieu veut est la seule science Qui nous met en repos »
CORN.: « Qui veut également tout ce qu'on lui propose, Dans le secret du coeur souvent veut autre chose »
CORN.: « Ne veuillez pas vous perdre, et vous êtes sauvé »
RETZ: « M. de Beaufort et Mme de Montbazon ne voulaient proprement rien à force de tout vouloir ; et ces sortes d'esprit assemblent toujours dans leurs imaginations des choses contradictoires »
LA FONT.: « [Louis XIV] Voulant la paix, quoiqu'il fasse la guerre Avec succès, depuis plus de trente ans »
MOL.: « Célimène : Voulons-nous nous asseoir ? - Arsinoé : Il n'est pas nécessaire »
SÉV.: « Elle [une religieuse] sort quand elle veut ; mais elle ne le veut guère, parce qu'elle a principalement dans la tête de vouloir aller en paradis »
BOSSUET: « La profonde obscurité du coeur de l'homme, qui ne sait jamais ce qu'il voudra, qui souvent ne sait pas bien ce qu'il veut »
BOSSUET: « Ô mon Dieu, dit-il, vous le voulez ; que votre volonté soit faite ; je me jette entre vos bras »
BOSSUET: « Saint Thomas a dit que la volonté était naturellement réfléchissante sur elle-même, qu'on aimait à aimer, qu'on voulait vouloir »
MALEBR.: « Dès que l'âme veut que le bras soit mû, le bras est mû, quoiqu'elle ne sache pas seulement ce qu'il faut faire pour le remuer »
RAC.: « Laissez faire, ils ne sont pas au bout ; J'y vendrai ma chemise, et je veux rien ou tout »
DESTOUCH.: « Moi, je ne veux rien ; c'est ma femme qui veut »
BEAUMARCH.: « Puisque madame le veut, que Suzanne le veut, que vous le voulez vous-même, il faut bien que je veuille aussi »
LETOURNEUR: « Vous me donnez l'espérance d'un temps plus heureux ; je veux espérer »
    Absolument.
DESHOUL.: « Si tout est fait pour nous, s'il ne faut que vouloir, Que n'employons-nous mieux ce souverain pouvoir ? Que ne régnons-nous sur nous-mêmes ? »
RAC.: « Et vous reconnaîtrez mes soins, si vous voulez »
VOLT.: « Encore une fois, il faut vouloir ; le célèbre curé de Saint-Sulpice voulut, et il bâtit sans aucun fonds un vaste édifice [Saint-Sulpice] »
BONNET: « On ne peut vouloir qu'en conséquence de ce qu'on sent ou de ce que l'on a senti »
J. J. ROUSS.: « J'ai toujours la puissance de vouloir, non la force d'exécuter »
CONDIL.: « Dès lors elle [l'âme] ne se borne plus à désirer ; elle veut ; car on entend par volonté, un désir absolu, et tel, que nous pensons qu'une chose désirée est en notre pouvoir »
    Terme de turf. Comme il veut, exclamation que pousse souvent la foule au moment où le cheval gagnant va atteindre le poteau, et signifiant qu'il lui est facile de gagner sans effort.
    Vouloir ou en vouloir, se dit, en termes de haras, d'une jument qui paraît disposée à souffrir l'étalon.
    Tu l'as voulu, vous l'avez voulu, se dit par forme de reproche à quelqu'un qui a fait quelque faute contre laquelle il avait été prémuni.
MOL.: « Vous l'avez voulu ; vous l'avez voulu, Georges Dandin, vous l'avez voulu ; cela vous sied fort bien, et vous voilà ajusté comme il faut »
    On dit : Je voudrais au lieu de : je veux, pour exprimer modestement son désir. Je voudrais vous entretenir en particulier.
    Par une sorte de défi. Je voudrais bien voir qu'il osât l'entreprendre. Je voudrais bien voir cela.
    Il ne sait ce qu'il veut, se dit d'un homme irrésolu, qui ne sait pas se décider.
    Faire de quelqu'un ce qu'on veut, tout ce qu'on veut, avoir un grand empire sur ses sentiments, sur ses actions.
VOLT.: « Un roi n'a qu'à vouloir ; on fait de cette nation-ci [la française] tout ce qu'on veut »
    Cet homme veut ce qu'il veut, il l'exige, il le veut fortement.
    Familièrement. Que veux-tu, que voulez-vous (sous-entendu, qu'on dise, qu'on fasse) ? et signifiant il en est ainsi.
MOL.: « Que veux-tu, mon pauvre nourricier ? il faut bien obéir à notre maître »
RAC.: « Que veux-tu ? mais, s'il faut ne te rien déguiser, Mon innocence enfin commence à me peser »
VOLT.: « Que voulez-vous ? il a les préjugés de son pays, ceux de son parti et les siens propres »
BEAUMARCH.: « Le comte : Je ne te reconnaissais pas, moi ; te voilà si gros et si gras.... - Figaro : Que voulez-vous, monseigneur ! c'est la misère »
    Dieu le veuille ! se dit pour marquer qu'on souhaite qu'une chose arrive ou qu'on en doute.
    Il veut que cela soit, veuille Dieu, veuille diable, se dit d'un homme qui veut venir à bout de quelque chose à quelque prix que ce soit et par toutes sortes de moyens, justes ou injustes.
    On dit dans le même sens : Veuille Dieu, veuille sa mère.

 2   Vouloir, avec un nom de personne pour complément, avoir la volonté que la personne soit telle ou telle, ou qu'elle se présente. Je vous veux raisonnable.
MOL.: « Mascarille : Voulez-vous deux témoins qui me justifieront ? - Albert : Veux-tu deux de mes gens qui te bâtonneront ? »
MAINTEN.: « Dieu vous voulait où vous êtes »
    Vouloir une femme, en désirer la possession.
MALH.: « Je sais que les ans lui mettront Comme à toi les rides au front, Et feront à sa tresse blonde Même outrage qu'à tes cheveux : Mais voilà comme va le monde, Je t'ai voulue, et je la veux »

 3   Commander, exiger avec autorité.
CORN.: « Il a dit : Je le veux, désobéirez-vous ? »
RAC.: « Je veux moins de valeur et plus d'obéissance »
VOLT.: « Sa fière autorité veut de la déférence »
COLLÉ: « Je le veux, je le veux.... comme il dit çà, ce monsieur ! je le veux.... ah ! le roi dit bien : nous voulons »
A. DUVAL: « Obéissez, je le veux. - Ma foi, il a dit : je le veux, comme un homme qui y est habitué »

 4   Souhaiter, désirer.
MOL.: « Qu'est-ce que vous voulez, mon papa ? ma belle maman m'a dit que vous me demandez »
BOSSUET: « Je voudrais que toutes les âmes éloignées de Dieu fussent présentes à ce discours »
BOILEAU: « Voulez-vous du public mériter les amours, Sans cesse en écrivant variez vos discours »
RAC.: « Cependant, quand je veux oublier cet outrage, Et cacher à mon coeur cette funeste image, Vous osez à mes yeux rappeler le passé ! »
C. DELAV.: « Je viens vous rappeler qu'on me veut pour lord-maire »
P. LEBRUN: « Je voudrais m'emparer de toute la nature »

 5   Consentir à. Oui, je le veux bien. Il faut vouloir tout ce que vous voulez.
CORN.: « Veut-elle bien céder à la nécessité ? »
CORN.: « Je veux bien l'avouer, ces nouvelles m'étonnent »
CORN.: « Seigneur, voulez-vous bien vous en fier à moi ? »
    Par civilité, veuille, veuillez, aie, ayez la bonté, la complaisance. Veuille me dire au plus tôt ce que tu penses de tout cela.
CORN.: « Veuillez vous souvenir Que les événements régleront l'avenir »
MOL.: « Veuillez être discret, Et n'allez pas, de grâce, éventer mon secret »
    Voulez-vous bien ? est quelquefois une formule impérative. Voulez-vous bien vous taire ? taisez-vous. Voulez-vous bien finir ? finissez.
BEAUMARCH.: « Voulez-vous bien n'être pas joli comme ça ! »
    Je veux bien a quelquefois une signification hautaine comme de supérieur à inférieur. Je veux bien que vous sachiez que vous n'avez rien à ordonner ici.
CORN.: « Si vous ne le savez, je veux bien vous l'apprendre »
    Anciennement, vouloir bien, ne pas craindre de.
Mme DE MOTTEVILLE: « [Condé, répondant à la harangue du président de Maisons, dit] qu'ayant appris de la bouche de la reine que Sa Majesté ne leur avait permis de s'assembler que pour le tarif et les rentes, il voulait bien leur dire qu'il ne souffrirait point leur désobéissance ni leurs entreprises »
SCARRON: « Je quittai un mari qui m'aimait, pour me jeter entre les bras d'un jeune homme qui avait bien voulu depuis peu de temps me faire savoir que je lui étais devenue odieuse »
BOILEAU: « Cela [la perruque exprimée en vers] est dit en quatre vers que je veux bien vous écrire ici, afin que vous me mandiez si vous les approuvez »

 6   Il s'emploie pour marquer la concession que l'on fait, pour admettre hypothétiquement une chose.
ROTR.: « Je vous que cette offense attaque votre gloire ; Mais qui l'osa commettre a pu ne pas le croire »
BOURDAL.: « Ils regorgent de biens et d'honneurs, je le veux »
BOILEAU: « Qu'il soit doux, complaisant, officieux, sincère ; On le veut : j'y souscris, et suis prêt à me taire »
C. DELAV.: « Mais je veux qu'on vous laisse une part dans la gloire : Que produit pour l'État cette noble victoire ? »
    Familièrement. Je veux bien que cela soit, je veux que cela soit, je suppose que cela soit, quoique je n'en convienne pas, ou quand cela serait vrai.
    Si vous voulez, si vous l'admettez.
BOSSUET: « Quand on veut parler d'un grand conquérant, chacun pense à Alexandre ; ce sera donc, si vous voulez, ce même Alexandre qui nous fera voir la pauvreté des rois dans leurs conquêtes »
RAYNAL: « Le corps qui avait concentré dans ses mains tous les pouvoirs, manqua aux engagements qu'il avait pris avec ses sujets, ou, si l'on veut, avec ses esclaves »
MOL.: « Que voulez-vous qu'il ait dit... ? comment imaginez-vous qu'il ait pu dire.... ? Que voulez-vous, mon père, que j'aie fait ? »

 7   Prétendre.
BOILEAU: « Chacun veut en sagesse ériger sa folie »
MAINTEN.: « Cette inclination qu'on veut que vous ayez pour le jansénisme »
BARON: « Je ne sais ; il veut absolument Que j'aie eu quelque part à cet enlèvement »
L. RAC.: « Oui, grand Dieu, c'est en vain que l'humaine faiblesse Sans toi veut se parer du nom de la sagesse »
GENLIS: « Saviez-vous que c'est moi que ce couplet veut ridiculiser ? »

 8   Vouloir de, avec un substantif pour complément, rechercher, accepter.
CORN.: « Je ne veux point d'un trône où je sois leur captive »
MASS.: « Vous avez dit qu'il était bien aisé de quitter le monde, quand le monde ne voulait plus de nous »
VOLT.: « Que le public veuille ou non veuille De tous les charmes qu'il accueille.... »
CARMONTELLE: « Si Mlle Gothon veut bien de monsieur, il n'y a pas à aller par quatre chemins »
LAMART.: « Je ne veux pas d'un monde où tout change, où tout passe »
    Populairement. En veux-tu ? en voilà, abondamment, en grande quantité. C'était un bal magnifique : il y avait des glaces en veux-tu ? en voilà.

 9   Demander un prix d'une chose qu'on veut vendre. Il veut cent mille francs de sa terre. Combien voulez-vous, que voulez-vous de votre voiture ?

 10   Fig. Se dit des choses qui ont de l'autorité. La loi veut que.... La raison voulait qu'on prît ce parti.
BOSSUET: « Ce qu'il [Calvin] pouvait [dans la conjuration d'Amboise] ? rompre absolument l'entreprise, en la faisant déclarer au roi ou à la justice ; l'ordre des empires le veut ; la loi éternelle l'ordonne »
    Le malheur, le bonheur a voulu que..., il est arrivé par malheur, par bonheur que....
BALZ.: « Puisque mon malheur veut que je sois cette victime publique »
VOLT.: « Son bonheur voulut que les Turcs ne l'attaquassent pas dans ces funestes conjonctures »

 11   Fig. Être d'un caractère à exiger l'emploi de (avec un nom de personne pour sujet). Il y a des enfants qui veulent être menés par la crainte.
RAC.: « Ils vous diront.... Qu'aux larmes, au travail le peuple est condamné, Et d'un sceptre de fer veut être gouverné »

 12   Fig. Demander, réclamer, avec un nom de chose pour sujet.
CORN.: « Un si rare service.... Veut l'honneur le plus rare et le plus éclatant »
CORN.: « Comme en un grand dessein et qui veut promptitude.... »
RAC.: « Un intérêt pressant veut que je vous implore »
RAC.: « Et pour être approuvés De semblables projets veulent être achevés »
J. J. ROUSS.: « Les ouvrages qui veulent être faits avec une certaine légèreté »
DELILLE: « L'histoire de ses maux voudrait un long discours »
ARNAULT: « L'amitié ne veut pas qu'on tente l'impossible »
    Il se dit, dans un sens analogue, des cas régis par une préposition, par un verbe, des modes exigés par une conjonction. Quoique veut le subjonctif. Ce verbe veut l'accusatif. Cette préposition veut l'ablatif.

 13   Fig. Se prêter à, avec un nom de chose pour sujet. Cette machine ne veut pas marcher.
DUMARS.: « Ce n'est pas seulement la propriété d'avoir qu'on a attribuée à des êtres inanimés et à des idées abstraites, on leur a aussi attribué celle de vouloir ; on dit : Ce bois ne veut pas brûler ; cette clé ne veut pas tourner, etc. »

 14   Être disposé de manière à.
J. DUMESNIL: « La disposition et la décoration de ces jardins [de Colbert à Sceaux] voulaient rappeler en petit ceux de Versailles »

 15   Vouloir du bien, vouloir du mal à quelqu'un, avoir de l'affection ou de la haine pour lui.
MALH.: « Peuple, qui me veux mal, et m'imputes à vice D'avoir.... »
MOL.: « C'est me vouloir du bien d'une étrange manière ! »
BOSSUET: « L'amour par lequel on se veut du bien et on désire en général sa béatitude »
HAMILT.: « Mlle d'Hamilton ne lui voulut aucun mal de la promptitude dont il obéissait au roi son maître »
MARIV.: « Le pauvre garçon est sensible, et on lui en veut du mal »
MARIV.: « Je me trouve bien confuse de voir que vous m'ayez tant aimée, vous qui devez me vouloir tant de mal »
J. J. ROUSS.: « J'ai l'âme aimante, et je me suis toujours attaché aux gens, moins à proportion du bien qu'ils m'ont fait que de celui qu'ils m'ont voulu »
    Particulièrement. Vouloir du bien à quelqu'un, être disposé à le protéger, à l'avancer.
CORN.: « J'honore sa valeur, j'estime sa personne, Et penche d'autant plus à lui vouloir du bien, Que, s'en voyant indigne, il ne demande rien »
GOLDONI: « Je le gronde quelquefois ; mais je lui veux du bien »
    Que le mal que je lui veux m'arrive, me puisse arriver, se dit pour exprimer qu'on est bien éloigné de souhaiter du mal à quelqu'un.
GENLIS: « Je ne l'aime guère ; que le mal que je lui veux m'arrive ! »
    Fig. Vouloir du mal, vouloir mal à une chose, la condamner, en être irrité.
MOL.: « Je suis sotte, et veux mal à ma simplicité De conserver encor pour vous quelque bonté »
BOSSUET: « Que l'éclat de la plus belle victoire paraît sombre [à côté d'une mort chrétienne] ! qu'on en méprise la gloire et qu'on veut de mal à ces faibles yeux qui s'y sont laissé éblouir ! »
    Se vouloir du bien, du mal, avoir de l'affection, de l'inimitié l'un pour l'autre.
HAMILT.: « Deux personnes qui se voulaient tant de bien »
J. J. ROUSS.: « Je n'ai vu jamais aucun de ceux qui l'entouraient se vouloir du mal l'un à l'autre »
    Fig. Se vouloir mal de quelque chose, s'en faire des reproches.
CORN.: « Je l'aime et le dédaigne, et, n'osant m'attendrir, Je me veux mal des maux que je lui fais souffrir »
MOL.: « Laissez ; je me veux mal d'une telle faiblesse »
MOL.: « Je me veux mal de mort d'être de votre race »
    Se faire bien vouloir, mal vouloir de quelqu'un, gagner son affection, s'attirer son inimitié.

 16   Vouloir le bien de quelqu'un, vouloir lui être utile.
VAUVENARGUES.: « Le prétexte ordinaire de ceux qui font le malheur des autres, est qu'ils veulent leur bien »

 17   En vouloir à quelqu'un, avoir contre lui un sentiment de rancune. Ne m'en veuille pas trop d'avoir agi sans te consulter.
CORN.: « Leur secte [des chrétiens] est insensée, impie et sacrilége.... Mais sa fureur ne va qu'à briser nos autels, Elle n'en veut qu'aux dieux, et non pas aux mortels »
MAINTEN.: « Il faut que l'on en veuille à Mlle de Murçai à la poste, ou que son écriture indéchiffrable en veuille aux yeux des commis »
FONTEN.: « Comme il [Hartsoeker] était accusé d'en vouloir toujours aux plus grands hommes, tels que MM. Huyghens, Leibnitz, Newton, il se justifie par en parler plus librement que jamais »
FONTEN.: « Aristophane en voulait à Euripide ; il va dans cette pièce jusqu'à lui reprocher qu'il était fils d'une vendeuse d'herbes »
VOLT.: « Les anciens peignaient Jupiter prenant le tonnerre composé de trois flèches brûlantes dans la patte de son aigle, et le lançant sur ceux à qui il en voulait »
    En vouloir à la vie de quelqu'un, avoir formé le projet de le tuer.
CORN.: « Je ne suis plus son fils, s'il en veut à vos jours »
VOLT.: « Va, César est bien loin d'en vouloir à ta vie »
    En vouloir à, avec un nom de chose comme complément, être irrité contre cette chose, la condamner.
PASC.: « Voilà, mon père, comme agissent ceux qui n'en veulent qu'aux erreurs, et non pas aux personnes ; au lieu que vous, qui en voulez aux personnes plus qu'aux erreurs, vous trouvez que ce n'est rien de condamner les erreurs, si on ne condamne les personnes à qui vous les voulez imputer »
MASS.: « Elle [l'hérésie] n'en voulait d'abord parmi nous qu'aux abus prétendus du culte ; elle a depuis attaqué le culte lui-même »
    S'en vouloir, se reprocher un tort.
PICARD: « Non, laissez-moi, je m'en veux de vous avoir écouté si longtemps »
    En vouloir à, avoir des prétentions sur.
CORN.: « Cousine, il te connaît, et t'en veut tout de bon »
CORN.: « Puisque Jason en veut à la toison dorée »
LA FONT.: « Quand l'ennemi se présentant, Comme il en voulait à l'argent, Sur le mulet du fisc une troupe se jette »
HAUTEROCHE: « Un certain drôle qui, dit-on, en veut à ma nièce »
MONTFLEURY: « J'en veux à votre coeur, non pas à votre bourse »
MARIV.: « Marton, quel est donc cet homme qui vient de me saluer si gracieusement, et qui passe sur la terrasse ? est-ce à vous à qui il en veut ? »
VOLT.: « Je sais bien qu'en amour il n'est pas mal d'avoir le consentement de la personne à qui on en veut »
    En vouloir à, diriger une attaque sur.
PELLISSON: « D'autres disaient qu'on en voulait à quelque petite ville du pays de Trèves »
MOL.: « Ouais ! il me semble que j'entends un chien qui aboie ; n'est-ce point qu'on en voudrait à mon argent ? »
SÉV.: « M. de Louvois est parti pour voir ce que les ennemis veulent faire : on dit qu'ils en veulent à Maestricht »
GRESSET: « Toujours la calomnie en veut aux gens d'esprit »
    En vouloir signifie aussi quelquefois chercher, désirer de rencontrer.
HAUTEROCHE: « Je ne te cherchais pas, j'en voulais à ton maître »
    À qui en voulez-vous ? qui prétendez-vous attaquer ? et aussi, qui demandez-vous ? qui cherchez-vous ?
LAMOTTE: « Êtes-vous de cette maison, ma bonne dame ? - Oui, monsieur ; à qui en voulez-vous, vous dis-je ? »
    À qui en veut-il ? de qui se plaint-il ?
    Fig.
SAINT-SIMON: « Le bonheur en veut à..., la chance est pour.... Le bonheur en voulut à mon père ; Vardes tomba et fut désarmé »
    Le malheur lui en veut, la chance est contre lui.
MARIV.: « Hélas ! la pauvre fille, le malheur lui en voulait, ce jour là »

 18   Vouloir dire, signifier. Que veut dire ce mot, ce procédé ? Equus veut dire en français cheval.
    Entendre ce que parler veut dire, comprendre à demi-mot.
    Que veut dire cet homme ? que prétend cet homme ? que demande-t-il ?
    Que veut dire cela ? Que veut dire ceci ? s'emploie quelquefois pour marquer un simple étonnement.
    Qu'est-ce que cela veut dire ? affirme un sentiment mêlé d'improbation.
    Que veut dire cette clause ? elle ne signifie rien.
    Que veulent dire ces vers ? on n'en comprend pas le sens.

 19   Au XVIIe siècle, quand vouloir était suivi d'un verbe réfléchi, on mettait souvent le pronom personnel avant le verbe vouloir ; cela peut encore être employé.
CORN.: « Je me suis voulu jeter dans le hasard »
PASC.: « Les examinateurs s'étant voulu écarter un peu de cette méthode »
BOILEAU: « Et Mignot aujourd'hui s'est voulu surpasser »
RAC.: « Comme cette affaire fit alors un fort grand bruit, et que les ennemis de Port-Royal s'en sont voulu prévaloir dans la suite contre ce monastère »
BAYLE: « À propos de la paix de Ryswyk, ne trouvez-vous pas qu'elle est si glorieuse aux alliés et nommément au roi Guillaume, qu'on ne peut assez admirer que la France se soit voulu assujétir à une mortification si honteuse ? »
    Dans ces cas, l'usage du XVIIe siècle était de ne pas faire accorder voulu, malgré la forme réfléchie.

PROVERBE Ce que femme veut, Dieu le veut, les femmes veulent ardemment ce qu'elles veulent, et viennent à bout de l'obtenir.

REMARQUE
    1. L'impératif est veuille, veuillons, veuillez. Cependant l'Académie dit : veux, voulons, voulez, quand on engage à avoir une volonté ferme. On en trouve en effet des exemples dans les auteurs modernes : Ne m'en veux pas (V. HUGO) ; Veux-le bien (COUSIN, Fragments, p. 211, 1833) ; Voulons le faire (BONIFACE, Gramm. n° 363) ; Voulez sortir (ID.). Ces exemples sont rapportés et condamnés par M. Jullien, Gramm. p. 117, qui recommande de dire : Ne m'en veuille pas, veuillez-le bien, veuillons le faire, veuillez sortir. C'est là, il ne peut y avoir de doute, le véritable impératif. Les autres formes sont récentes et à peine intelligibles.
    2. M. Jullien dit : ' Au présent du subjonctif le Dictionnaire de l'Académie donne voulions, vouliez. Je crois que c'est à tort. Fléchier, à la fin de son Traité des jeux de théâtre, écrit : Ne croyez que nous veuillions vous effrayer, Le grammairien Cl. Irson [XVIIème siècle] n'admettait que ces formes. Régnier Desmarais remarquait que l'usage de voulions, vouliez, contraire à l'analogie, commençait à s'introduire, et, de fait, Mme de Sévigné emploie le plus souvent ces formes. Une épigramme de Piron (Oeuvres complètes, VI, p. 505) porte : Pourvu que vous m'en veuilliez croire. ' La forme dont M. Jullien prend la défense est certainement la meilleure. Vouloir est un verbe où l'i, qui appartient au subjonctif roman, a modifié l'o, l'ou du radical (comme l'a dans vaille, de valoir) ; et c'est un barbarisme assez récent et désormais autorisé par l'usage que de dire voulions, vouliez ; mais c'est un meilleur usage de dire veuillions, veuilliez.
    3. Molière a fait quelquefois voudriez de deux syllabes :
MOL.: « Mais le mal c'est.... que monsieur votre père Est un autre vilain qui ne vous laisse pas, Comme vous voudriez bien, manier ses ducats C'est un archaïsme : dans l'ancienne langue ce mot et les mots analogues n'étaient que de deux syllabes. Aujourd'hui ils sont de trois. »

HISTORIQUE
    Xème siècle
     Eulalie: Voldrent la veintre li Deo inimi [les ennemis de Dieu]
     ib.: À ezo nos voldret concreidre li rex pagiens
     ib.: [Elle] Volt lo seule [siècle] lazsier, si ruove krist
    XIème siècle
     Lois de Guill. 25: Kil [Qui le bétail] voldrad clamer emblet, e il volge doner wage....
     Ch. de Rol. v: [Je vous donnerai] Teres e fiez tant cum vos en vuldrez
     ib. XXII: Ademplir [je] voeill vostre comandement
     ib. XXV: Mais li quens Guenes illoec ne volsist estre
     ib. CIX: Voillet o non, tut i laisset sun tens [sa vie]
    XIIème siècle
     Couci, IV: Et Dieus pour quoi le consent [pourquoi Dieu y consent-il], Qu'il se veut [qu'on veuille] si bien mentir ?
     ib. v: Quel guerredon ele me voudra rendre
     ib. VIII: Et s'il est riens qui m'en puisse partir, Ne quier je [je ne demande pas] ja savoir, ne Diex le vueille !
     ib. IX: Je ne doi pas [à l'] amors grant mal vouloir
     ib. XXI: Ou veuil ou non, servir la [la servir] me convient
     ib. XXII: Ne me vout [voulut] pas Diex pour neiant doner Touz les soulaz qu'ai eüs en ma vie
     Sax. XVI: Du tort et de la honte me vorroie vengier
     ib. XXIV: Li plus hardis des trois vossist [voudrait] estre à Paris
    XIIIème siècle
VILLEH.: « En cele nuit li empereres Alexis prist de son tresor quanqu'il en pot porter, et enmena de gent ce qu'il en pot mener et qui aler s'en vodrent avec lui »
VILLEH.: « Si, comme Diex vout, [ils] desconfirent les Grieus, et les commencierent à abattre et à ocirre »
     Berte, XIV: Rien que la vielle vueille, [elle] ne li veut contredire
     ib. XXXII: Vueillez que cors et ame et quantque j'ai soit vo [vôtre]
     ib. XLIII: Je veuil pour vous mon cor travailler et pener
     ib. XLII: Je veus par vostre amour ici en droit vouer....
     ib. CXIII: Mieus [je] voudroie estre morte, si me soit Diex sauvere [sauveur]....
     la Rose, 258: Car certes el [l'Envie] ne vorroit mie, Que biens venist, neis [même] à son pere
     ib. 3547: Gars, pourquoi es-tu si hardis, Qui bien velz estre d'un garçon Dont j'ai mauvese soupeçon ?
     Contenance des femmes: L'une veut d'un, l'autre veut d'autre ; Ce que fait l'une, ne fait l'autre
    XIVème siècle
ORESME: « Et par consequent il lui veult très grans biens come à home »
     Guesclin. 1808: Adont li bers Bertran hautement dit li a : En volez vous encores ? or ne me celez jà
    XVème siècle
FROISS.: « Or veuille-je raconter et retourner aux messages d'Angleterre »
FROISS.: « [Son cheval] l'emporta, voulust ou non, droit en-my le logis des Anglois »
FROISS.: « Si escripsit devers messire Jean d'Armignac que à ce besoin il ne lui voulsist faillir »
FROISS.: « Là furent faits plusieurs chevaliers.... qui estre le volrent »
FROISS.: « Tous ceus faisoient du roi ce qu'ils vouloient, et le menoient et le demenoient ainsi comme il leur plaisoit »
     Jeh. de Saint. ch. 3: Et quand il fut assailly, alors il dit : que voulez-vous que je vous die ?
CH. D'ORL.: « Puisque le cueur de moi avez, Le vostre fault que me laissiez ; Car sans cueur vivre ne pourroye ; Faictes en, comme vous vouldrez, Ma seule souveraine joye »
JUVÉN.: « Et le roy.... faisoit ce qu'on vouloit ; aussi estoit-il aucunement empesché de maladie »
COMM.: « Aucuns ont voulu dire que ledit conte du Mayne avoit intelligence avec eulx »
COMM.: « Le conte de Charolois vouloit dire que le roy ne les devoit rachapter [certaines villes], luy ramentevant combien il estoit tenu à sa maison durant qu'il estoit fugitif de son pere »
    XVIème siècle
MARGUER.: « Je ne suis point voulu passer oultre jusques à ceste heure »
MAROT: « Où est l'ami que tant bon on reclame, Qui pour l'ami voulust bailler son ame ? »
MAROT: « Compter vous vueil un debat qui m'esveille »
MAROT: « Chante qui veut, balle qui veut baller ; Ce seul plaisir seulement je vousisse.... »
CALVIN: « Balaam, vousist-il ou non, ne se peut tenir de dire que Dieu n'est pas semblable aux hommes, pour mentir »
RAB.: « La raison le veult ainsi »
RAB.: « Si par nous eust esté pourté faveur à tes malvouluz »
RAB.: « Ce que j'en dy, ce n'est pas mal que je vous vueille.... »
ST GELAIS: « Un obstiné, qui une mesme chose Veutet deveut cent fois en un instant »
DU BELLAY: « Nostre langue n'est tant irreguliere, qu'on voudroit bien dire »
DU BELLAY: « Que pleust aux muses, pour le bien que je veux à nostre langue, que.... »
MONT.: « Quasi touts desestimez et mal voulus »
LANOUE: « Ceux à qui nous ne voulons point de bien »
AMYOT: « Son auctorité le rendoit mal voulu, à cause qu'il estoit homme superbe »
AMYOT: « Ils estoient tous deux bien voulus de leurs semblables »
PARÉ: « Ils sont plus tourmentés sans comparaison de leurs douleurs quand il veut pleuvoir, que lors qu'il fait beau temps »
RONS.: « Je suis de tel advis : me blasme de ceci, M'estime qui voudra, je le conseille ainsi »

ÉTYMOLOGIE
    Bourg. veloi ; wallon, voleur ; provenç. voler ; ital. volere ; du lat. fictif volere, dérivé de l'indicatif latin volo, je veux ; goth. viljan ; all. wollen ; angl. to will ; radical sanscr. var, vri, choisir.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 1. VOULOIR. - REM. Ajoutez :
    4. Avec le prétérit indéfini de vouloir, et un que suivant, Mme de Sévigné a mis le verbe de la proposition subordonnée au prétérit indéfini du subjonctif : Elle n'a jamais voulu qu'il ait été saigné, 5 août 1671 ; Ils n'ont pas voulu que nous soyons partis plus tôt, 25 mai 1689. On dirait plutôt : qu'il fût saigné ; que nous partissions ; mais il n'y a rien à redire à ces phrases de Mme de Sévigné.


2ème définition d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Acte de la volonté, action de vouloir.
DESC.: « Une infinité de corps qui pourraient y être [sur la terre], si c'eût été le vouloir de Dieu de les y mettre »
CORN.: « Pourvu que leur vouloir se range sous le nôtre »
J. B. ROUSS.: « Oh ! bien, bien ; tout cela sera le mieux du monde ; Mais rien n'ira pourtant que selon mon vouloir »
DUMARS.: « Nos pensées, nos perceptions, nos vouloirs ou volontés, et nos sentiments de plaisir ou de douleur »

 2   Malin vouloir, intention maligne, intention de nuire.
LA FONT.: « Ce doucet est un chat, Qui, sous son minois hypocrite, Contre toute ta parenté D'un malin vouloir est porté »
LA FONT.: « De vos malins vouloirs voilà la digne issue »
VOLT.: « J'ai soupçonné que, dans toute cette affaire, il y avait eu quelque malin vouloir ; et vous pouvez en général me mander si je me trompe »

 3   Mauvais vouloir, bon vouloir, disposition défavorable, favorable à. Son mauvais vouloir est visible.
CORN.: « De votre bon vouloir nous sommes assurés »

REMARQUE
    ' Le vouloir pour la volonté est un terme qui a vieilli, et qui n'est plus reçu dans la prose, encore employé dans la poésie par ceux mêmes qui excellent aujourd'hui en cet art, ' VAUGEL. Rem. t. II, p. 748, dans POUGENS.
VOLT.: « Voltaire, de son côté, dit : Joins le vouloir des dieux.... le vouloir n'est plus d'usage Mais l'usage a annulé ces décisions. »

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Couci, XVII: Ne Diex voloir ne m'en doinst ne poissance
     ib.: Puis qu'ele m'a du tout à son vouloir
     Th. le mart. 56: Tel poesté ne puet nul chardenaus aveir ; Par mei n'aura nul d'els de derraisun poeir, E poesté du pape n'aura par mun voleir
    XIIIème siècle
     Berte, LXV: Moult avoit grant desir d'accomplir son vouloir
EUST. LE PEINTRE: « Ors ne lion n'est ne beste sauvage, Qui, tel foiz est, ne fraigne son voloir De fere mal et ennui et damage »
     la Rose, 2909: Dites, fait-il, vostre voloir
    XVème siècle
CH. D'ORL.: « J'ay bon vouloir envers vous ; mais tristesse M'a si longtemps en son dangier nourry Que j'ay du tout joye mis en oubli »
    XVIème siècle
RAB.: « Si vous condescendez à mon vouloir, vous ne bougerez jamais de ma compaignye »
LA BOËTIE: « Pour avoir la liberté, il n'a besoing que d'un simple vouloir »

ÉTYMOLOGIE
    Vouloir 1.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


("Je veux, tu veux, il veut; nous voulons, vous voulez, ils veulent. Je voulais. Je voulus. J'ai voulu. Je voudrai. Je voudrais. Que je veuille, que tu veuilles, qu'il veuille; que nous voulions, que vous vouliez, qu'ils veuillent. Que je voulusse. Voulant." L'impératif "Veux, voulons, voulez." n'est usité que dans certaines occasions très-rares où l'on engage à s'armer d'une ferme volonté. Voir plus bas "Veuillez.") Avoir intention de faire quelque chose, s'y déterminer. "Il veut partir demain. Il veut faire ce voyage. Il n'en veut rien faire. Il le fera quand il voudra. Il veut être payé."
Il signifie aussi, Commander, exiger avec autorité. "Dieu veut. Le roi veut que vous obéissiez. Votre père veut que vous alliez là. Faites ce que je veux. Il le veut."
Il se dit, en ce sens, Des choses qui ont autorité sur l'homme. "La loi veut qu'on s'abstienne de telle chose. La raison veut qu'on prenne ce parti. La religion, la morale, l'humanité veut qu'on aide son semblable."
"Le malheur a voulu que"... Il est arrivé par malheur que...



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, Désirer, souhaiter. "On vous donnera tout ce que vous voudrez. Il aime l'argent, il en veut avoir à quelque prix que ce soit."
"Il ne sait ce qu'il veut," se dit D'un homme irrésolu, qui ne sait pas prendre un parti.
"Je voudrais," se dit quelquefois au lieu de "Je veux," pour exprimer modestement Le désir d'obtenir une chose. "Je voudrais vous entretenir en particulier." Il s'emploie, dans les phrases suivantes, pour exprimer Une sorte de défi: "Je voudrais bien voir qu'il osât l'entreprendre. Je voudrais bien voir cela."
"Faire de quelqu'un ce qu'on veut, tout ce qu'on veut," Avoir un grand empire sur ses sentiments, sur ses actions.
"Cet homme veut ce qu'il veut," Il l'exige, il le veut fortement.
Prov., "Ce que femme veut, Dieu le veut," Les femmes veulent ardemment ce qu'elles veulent, et elles viennent ordinairement à bout de l'obtenir.
Par forme de souhait, "Dieu le veuille." Il se dit aussi Pour marquer qu'on doute d'une chose, quoiqu'on la souhaite.
Prov., "Il veut que cela soit, veuille Dieu, veuille diable," se dit D'un homme qui veut venir à bout de quelque chose à quelque prix que ce soit, et par toutes sortes de moyens, justes on injustes.
"Je veux bien que vous sachiez," se dit au lieu de Sachez, apprenez, pour marquer une espèce d'autorité, comme de supérieur à inférieur.
"Vouloir du bien, vouloir du mal à quelqu'un," Avoir de l'affection ou de la haine pour lui. "Il vous veut du bien, beaucoup de bien. Il ne vous veut point de bien. Il lui veut du mal, grand mal." On dit, "Que le mal que je lui veux m'arrive, me puisse arriver," pour annoncer qu'on est loin de souhaiter du mal à quelqu'un.
"Se faire bien vouloir, mal vouloir de quelqu'un," Gagner son affection, s'attirer son inimitié.
"En vouloir à quelqu'un," Avoir contre lui un sentiment de malveillance. "Je sais bien qu'il vous en veut. Les envieux, les jaloux de sa fortune lui en veulent. Il en veut à tout le monde."
"En vouloir à la vie de quelqu'un," Avoir formé le projet de le tuer.
"Je m'en veux d'avoir fait cela," J'en ai du regret, du repentir.
"En vouloir à une personne, à une chose," signifie aussi, familièrement, Avoir quelque prétention sur cette personne, sur cette chose, en avoir quelque désir. "Il en veut à cette fille. Il en veut à cette charge."
"À qui en voulez-vous?" Qui demandez-vous? qui cherchez-vous? Il signifie aussi, Qui prétendez-vous attaquer, offenser? "À qui en voulez-vous par ce discours-là? C'est à vous que j'en veux."
"À qui en veut-il?" De qui se plaint-il? de qui lui vient son chagrin? "Il ne fait que gronder, à qui en veut-il?"
"Que veut dire cet homme?" Que prétend cet homme? que demande-t-il? que prétend-il me faire entendre?
"Que veut dire ce mot? que veut dire ce procédé?" Que signifie ce mot? que signifie ce procédé? "Que veut dire cette clause?" Cette clause ne signifie rien. "Que veulent dire ces vers?" On ne comprend pas le sens de ces vers.
"Que veut dire cela? que veut dire ceci?" s'emploie quelquefois pour marquer Un simple étonnement; et, "Qu'est-ce que cela veut dire?" pour exprimer Un sentiment mêlé d'improbation.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie quelquefois simplement, Consentir. "Oui, je le veux bien. Si vous le voulez, il le voudra aussi. Il faut vouloir tout ce que vous voulez."
Il s'emploie souvent, par civilité, à la seconde personne du pluriel de l'impératif, qui fait alors "Veuillez," et qui signifie, Ayez la bonté, la complaisance de. "Veuillez permettre que je me retire. Veuillez me faire le plaisir de... Veuillez n'en rien dire à personne."
Fam., "Je veux bien que cela soit, je veux que cela soit," Je suppose que cela soit, quoique je n'en convienne pas; ou Quand cela serait vrai...
"Voulez-vous bien," est quelquefois une formule impérative. "Voulez-vous bien vous taire, voulez-vous bien finir?" Taisez-vous, finissez.



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Demander un prix d'une chose qu'on veut vendre. "Il veut avoir cent mille francs, il veut cent mille francs de sa terre. Combien voulez-vous, que voulez-vous de ce cheval?"



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, Être d'un caractère ou d'une nature à demander, à exiger telle chose ou telle autre. "Il y a des enfants qui veulent être menés par la crainte. Cette affaire veut être conduite avec ménagement. Ce tableau veut être vu dans son jour. Cette plante veut un terrain humide. Cela veut du temps."



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en parlant Des choses inanimées, se dit quelquefois dans le sens de Pouvoir. "Cette machine ne veut pas aller. Ce jet d'eau ne veut pas jouer. Ce bois ne veut pas brûler."



7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Acte de la volonté, action de vouloir. "Il en a le pouvoir et le vouloir. Je n'ai point d'autre vouloir que le vôtre. L'apôtre dit que c'est Dieu qui nous donne le vouloir et le faire."
Fam., "Malin vouloir," Intention maligne, intention de nuire. "Il a témoigné son malin vouloir. Il y a longtemps qu'il a un malin vouloir contre moi."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

["Vou-loar".] Je "veux", tu "veux", il "veut": nous "voulons", vous "voulez", ils "veulent": je "voulois" ou "voulais"; je "voulus"; j'"ai voulu;" je "voudrai;" je "voudrois" ou "voudrais"; que je "veuille;" que nous "voulions", vous "vouliez", ils "veuillent"; que je "voulusse"; "voulant;" "voulu". = Avoir la volonté de faire quelque chôse. Il régit l'infinitif sans préposition. 'Il "veut partir" demain, quelque tems qu'il fasse; ou "que" avec le subjonctif: 'le Roi "veut que" vous "obéïssiez". Le premier régime s'emploie quand le verbe se raporte au sujèt: le 2d, quand il ne s'y raporte pas: "il veut" partir: il "veut que vous" partiez sur l'heure. Avec ce dernier régime, il signifie, "comander", "exiger" avec autorité.
- "Neutre", il signifie encôre, "être de nature" à demander, à exiger: et alors, il se dit même des chôses. 'Cet enfant "veut être traité" rudement: cette afaire "veut être conduite" avec ménagement; ce tableau "veut être vu" dans son jour. Dans cet emploi, il a le sens et le régime de "devoir", mais il est plus énergique":doit" être traité, "doit" être vu, "etc." = "V. act." il signifie "desirer", souhaiter: on vous donera tout "ce que" vous "voudrez"; ou "consentir": oui, je "le veux bien:" si vous "le voulez", il "le voudra" aussi. 'César disoit de Brutus: il n'est pas indiférent que "ce qu'il veut" soit juste; car "ce qu'il veut", il "le veut" fort. "Cic. à Attic." MONGAULT. = On l'emploie encôre quelquefois neutralement sans régime: il "veut", il ne "veut" pas.
   Nous ajusterons tout, et je "n'ai qu' à vouloir".
       "Le Flateur".
Il régit aussi l'ablatif. '"Voulez-vous du" grâs, "du" maigre? 'Je n'"en veux" point.
   Vous trouverez fort peu de filles, croyez-moi,
   Avec tant d'agrémens et tant de bonne foi.
   - - - - Oui";" mais je "ne veux point de" tant de gentillesse.
       "Le Flateur".
"Rem." 1°. Ce verbe, et celui de "pouvoir", sont les seuls qui aient un "x" aux deux premières persones du présent: je "veux", tu "veux", je "peux", tu "peux". L'Ab. "Girard" conseillait d'y substituer une "s", je "veus", tu "peus", etc. Voy. X.
- 2°. La 2de persone du plur. du conditionel, vous "voudriez", est de deux syll. en prôse, et de trois, en vers.
   C'est un état qu'en vain vous "voudriez" combatre.
       "Gresset", SIDNEY.
= * On a dit aûtrefois, qu'il "vousit", pour, qu'il "voulut": 'Le Supliant qu'il "vousit" pardoner, etc. "Chron."
- 4°. Pour marquer modestement son desir, on dit, "je voudrais", au lieu de, "je veux". '"Je voudrais" bien "avoir" l'honeur de vous voir.
- 5°. "Vouloir", régit quelquefois l'ablatif des chôses, et quelquefois même des persones. 'Je "veux de" ceci":" vous "voulez de" cela: je ne "veux" pas "de" vous.
- 6°. "En vouloir" régit "à": il a plusieurs sens: vouloir du mal: il "en veut à" tout le monde. 'Cet homme "lui en veut". = Demander, prétendre. '"À~" qui "en voulez-vous"? Il "en voulait à" l'argent.
   Pensez-vous que ce soit l'intérêt qui m'engage
   Non, encore une fois, je "n'en veux qu' à" son coeur.
       "Le Flateur".

- "Se plaindre de": '"À~" qui "en veut-il?" = 7°. "Vouloir dire", se dit des persones: "que veut dire" cet homme? que prétend-il? que veut-il me faire entendre"?" Et des mots, des chôses qu'on n'entend point: "que veut dire" ce mot? "que veut dire" ce procédé? c. à. d. que signifie, "etc."
- 8°. "Si vous voulez bien", si vous me le permettez; formule de politesse. 'Madame, je ne vous laisserai point-là, "si vous le voulez bien". MARIV.
- 9°. On dit quelquefois en conversation, "si vous voulez", quand on ne convient pas des chôses. 'Elle est aimable, elle est sage, "si vous voulez". = Mde. "de Sévigné" dit, dans un aûtre sens":" 'C'est un mal fort sensible, que d'avoir une amygdale enflée: cela s'apelleroit une esquinancie, "si l'on vouloit".
- 10°. Dans le "style badin" et "critique", on aplique fort bien "vouloir" aux chôses. 'Ces beaux "monologues", (des Opéra de Lulli) que tout le monde admire en bâillant. 'Ils "voudroient être" tristes, et ne sont qu'ennuyeux: ils "voudroient toucher" le coeur, et ne font qu'afliger les oreilles. J. "J. Rousseau". 'Ces petites scènes à dialogue coupé, qui "veulent hâter" l'action, et ne font que l'embarrasser. "Journ. de Par."
   VOULOIR, s. m. Il s'est dit aûtrefois pour "volonté".
   Contre~ toute ta parenté,
   "D'un" malin "vouloir" emporté.
       "La Font."
'Persuadées par mauvais "vouloir" et conseil. Édit. d'Henri II.
- 'Il a entièrement vieilli, a dit, il y a long-tems, "Th. Corneille"; et on ne s'en sert plus, ni en vers, ni en prôse. L'"Académie" ne le condamnait point: cependant elle dit, dans "ses Observations sur les Remarques", qu'il est entièrement banni de la prôse, et qu'il y a peu de persones qui s'en servent en poésie. Dans la dern. édition du Dict. elle le borne à quelques phrâses: C'est Dieu qui nous done "le vouloir" et le faire. "S. Paul". 'Il a témoigné "son malin vouloir". 'Il a "un malin vouloir" contre moi. "style fam." = Les Poètes ont eu tort de laisser mourir ce mot: ils sont encôre à tems de le faire renaître. "Piron" l'a encôre employé avec succês.
   Si "le vouloir céleste",
   Par un songe aux mortels souvent se manifeste.
       "Gustave".
"Rousseau" avait dit aussi dans le "Flateur":
Oh! bien, bien, tout cela sera le mieux du monde;
   Mais rien n'ira pourtant que selon "mon vouloir".
   VOULU, ÛE, part. et adj. Être "bien" ou "mal voulu"; bien ou mal venu ou reçu.
- Il n'est "adject." que dans cette expression.




Emplacement dans le dictionnaire :

votre
vôtre (le) ou vôtre
votre serviteur
voucher
voué
vouède
vouer
vouge
voulant
vouloir
voulu
vous
vouté
voute
voûté
voûte
voûter
vouter
voyage
voyager
voyageur




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...pour n'avoir pas voulu manquer les noces, il allait perdre toute sa part de pêche. Ces motifs avaient été parfaitement compris par les pêcheurs qui l'écoutaient et personne n'avait songé à lui en vouloir ; -on sait bien, n'est-ce pas, que, dans la vie, tout est plus ou moins dépendant des choses imprévues de la mer, plus ou moins soumis aux changements du temps et aux migrations mystérieuses des...


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Citation n°3 de Pierre LOTI (Pêcheur d'Islande)

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